Pourquoi parler de données dans l’économie sociale et solidaire ?
Dans l’économie sociale et solidaire (ESS), on agit pour les autres, on s’engage, on transforme. Mais pour mieux comprendre ce qu’on fait, mesurer nos impacts, convaincre nos partenaires, il faut savoir s’appuyer sur un allié souvent négligé : la donnée.
Et pourtant, dans les associations, les coopératives ou les structures publiques à impact, la donnée est déjà là :
- dans les feuilles Excel des équipes
- dans les bilans envoyés aux financeurs
- dans les échanges avec les usagers
- dans les rapports d’activité ou les demandes de subvention
Mais comment passer du fichier éparpillé au tableau de bord utile ? Du chiffre isolé à une vraie stratégie ? De la contrainte à l’outil de pilotage ?
Rédigée par Lorena, membre de la communauté des Freelance For Good et de la tribu data Social Declik, cette série d’articles a pour objectif de proposer une méthode claire, accessible et réaliste, pour toutes les structures — même petites, même non techniques — qui veulent mieux utiliser leurs données au service de leur mission sociale ou environnementale.

Le dossier Data & Impact est composé de 6 articles :
- Quelle gouvernance pour les projets DATA ?
- Définir sa problématique pour valoriser ses données
- Collecter ses données de façon utile et responsable
- Préparer ses données pour garantir leur qualité et leur impact
- Analyser et visualiser les données : transformer la data en décision
- Mieux gérer les données pour renforcer l’impact de l’ESS
Quelle gouvernance pour les projets data ?
Pourquoi parler de gouvernance des données ?
Toutes les organisations collectent aujourd’hui une grande quantité de données. Dans l’économie sociale et solidaire (ESS), cela concerne aussi bien les bénéficiaires, les projets, que les ressources humaines.
Mais accumuler la donnée n’a de sens que si elle est utile, lisible et maîtrisée. La gouvernance des données, c’est précisément ce cadre qui permet à chacun (directions, équipes métier, partenaires) de s’appuyer sur des données fiables et bien gérées pour décider et agir.
Vers une gestion responsable de la donnée : les 5V
Face à la profusion de données, il est essentiel de ne pas tout stocker “par défaut”, mais de choisir ce qui a de la valeur pour l’organisation. Dans la data, on parle des 5V :
- Volume : la quantité de données disponibles
- Vélocité : la rapidité avec laquelle elles sont générées ou reçues
- Variété : les formats, les sources, la complexité
- Véracité : la fiabilité, la qualité, la cohérence
- Valeur : l’utilité réelle pour les actions ou les décisions
Dans une logique responsable et sobre, il est important de privilégier les données pertinentes, au bon moment, plutôt que de tout conserver sans distinction — ce qui alourdit inutilement les systèmes, coûte de l’énergie et ralentit les processus. Alors on se concentre sur les 2 dernière V : Véracité et Valeur
Connaître ses processus, pour mieux cadrer la donnée
Pour bien gouverner ses données, il faut connaître ses processus métiers. Prenons un exemple courant :
Un bénéficiaire s’inscrit à un programme → il est orienté, accompagné, puis évalué → à chaque étape, des données sont saisies, modifiées ou croisées.
👉 Cartographier ces flux permet de :
- savoir où circule la donnée
- identifier les points de friction ou de transformation
- évaluer sa qualité (unicité, complétude, exactitude, fraîcheur, cohérence)
Sécurité, responsabilité et cadre légal
Toute organisation traitant de la donnée — surtout quand elle touche à des personnes — est responsable de sa gestion. La gouvernance des données inclut donc :
- La sécurisation des flux entrants et sortants
- La gestion des accès (qui voit quoi ?)
- La documentation des finalités d’usage
- Le cycle de vie de la donnée : durée de conservation, archivage, suppression
💡 Ces éléments sont essentiels pour rester conforme au RGPD, mais aussi pour maintenir un haut niveau de confiance avec vos parties prenantes (usagers, financeurs, partenaires…).
L’architecture : faire avec l’existant, bien dimensionner
Les systèmes d’information ne sont pas toujours neufs ni harmonisés, surtout dans l’ESS. Une bonne gouvernance des données prend en compte :
- les contraintes de l’existant (bases hétérogènes, outils vieillissants…)
- les flux réels de données (volume, fréquence, format)
- les besoins de performance pour les usages terrain
Pas besoin d’un “gros” système, mais d’une architecture qui permette de centraliser, de fiabiliser et de valoriser ce qui compte.
Des rôles clairs pour des responsabilités partagées
La gouvernance repose aussi sur une bonne répartition des rôles, adaptés à la taille et aux moyens de votre organisation. Voici les profils les plus fréquents :
| Rôle | Ce qu’il fait |
| Sponsor | Porte la vision, donne les moyens, soutient la démarche |
| Référent métier | Donne du sens à la donnée, relie au besoin terrain |
| Data steward | Supervise la qualité, la documentation, les accès |
| Analyste | Produit les indicateurs, facilite la lecture de la donnée |
| Référent RGPD | Garantit la conformité et les bonnes pratiques de protection |
Dans une petite structure, ces rôles peuvent être mutualisés. L’essentiel est qu’ils soient identifiés, responsabilisés et qu’ils travaillent ensemble.
En résumé
La gouvernance des données n’est pas un sujet “technique” réservé aux grandes structures. C’est un levier puissant pour :
- Valoriser ce que l’on sait déjà
- Fiabiliser ses décisions
- Protéger ses bénéficiaires et ses partenaires
- Éviter les gaspillages de ressources
- Faire de la donnée un outil utile, sobre et partagé
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