Pourquoi la collecte n’est pas une formalité
Cet article s’inscrit dans un dossier Data & Impact qui rassemble plusieurs contenus pour utiliser ses données de façon plus responsable. Dans le dernier article, nous expliquons pourquoi et comment définir sa problématique afin de pouvoir mieux valoriser ses données. Si tu ne l’as pas encore lu, n’hésite pas à le découvrir en cliquant juste ici.
Une fois la problématique définie, il est temps d’identifier, choisir et organiser les données utiles. Mais attention : tout collecter « au cas où » peut vite devenir contre-productif. Cela consomme des ressources, complique les traitements, et peut nuire à la qualité globale de l’analyse.
Par exemple, si une association suit ses bénéficiaires, elle n’a pas besoin de tout savoir : juste les données essentielles pour les accompagner efficacement (nom, besoins, dates de suivi…).
Rédigée par Lorena, membre de la communauté des Freelance For Good et de la tribu data Social Declik, cette série d’articles a pour objectif de proposer une méthode claire, accessible et réaliste, pour toutes les structures — même petites, même non techniques — qui veulent mieux utiliser leurs données au service de leur mission sociale ou environnementale.

Cartographier ses sources
La première étape consiste à savoir où se trouvent les données nécessaires. On distingue trois types de sources :
| Type de source | Description | Exemples |
| Interne | Données produites par l’organisation | Bases Excel, CRM, formulaires d’inscription, comptabilité |
| Partenaires | Données partagées dans le cadre de collaborations | Données échangées avec une collectivité ou une autre association |
| Externe | Données publiques ou commerciales | Open data, chiffres de l’INSEE, études de fondations |
Ce recensement permet d’identifier les manques, doublons, incohérences ou points de vigilance.
Qualifier les données disponibles
Pour chaque source, il faut vérifier :
- Le type de donnée (texte, numérique, date, etc.)
- Le format (structuré ou libre)
- La qualité : fraîcheur, fiabilité, cohérence
- Le niveau de sensibilité (ex. : données personnelles)
Exemple : si une structure récupère les dates de naissance de ses adhérents, mais que certaines sont incomplètes (mois ou année manquante), cela peut fausser les statistiques d’âge.
Formaliser avec un Data Catalogue
Un Data Catalogue est un inventaire documenté des données disponibles. Il permet de :
- Recenser les jeux de données utiles
- Préciser leur structure (champs, unités, définitions)
- Identifier le responsable de chaque donnée
- Suivre leur statut (brut, nettoyé, validé)
Par exemple, dans une petite structure, ce catalogue peut être une simple feuille de calcul listant tous les fichiers utilisés avec leur fonction et la personne référente.
Penser le cycle de vie de la donnée
Une collecte responsable doit intégrer la durée de vie des données :
- Fréquence de mise à jour (hebdomadaire, mensuelle, annuelle…)
- Durée de conservation
- Règles de suppression ou d’archivage
- Flux de modification et historique
Cela facilite la maîtrise technique, l’optimisation du stockage et la conformité aux règles de protection des données.
Une collecte sobre et éthique
Trop de données, mal ciblées, peuvent :
- Créer une surcharge pour les équipes
- Alourdir les outils de travail
- Nuire à la compréhension et la lisibilité des analyses
- Remettre en cause la confiance des usagers
Exemple : un formulaire trop long pour s’inscrire à un atelier peut dissuader les participants et gêner le suivi de l’action.
Une collecte responsable, c’est une collecte :
- Justifiée : on sait pourquoi on collecte
- Limitée à l’essentiel : ce qui est utile, pas plus
- Transparente : on informe sur l’usage prévu
- Durable : facile à maintenir dans le temps
En résumé
| Action | Objectif |
| Cartographier les sources | Identifier ce qu’on a, ce qui manque |
| Qualifier les données | Vérifier leur utilisabilité, fiabilité et cohérence |
| Créer un Data Catalogue | Documenter et organiser les données pour toute l’équipe |
| Gérer le cycle de vie | Maîtriser le temps de stockage et la fréquence d’accès |
| Adopter une collecte responsable | Alléger les systèmes, renforcer la confiance et l’efficacité |
La collecte est une étape technique, mais aussi politique : elle reflète les choix de l’organisation et sa vision de la donnée utile.
Tu es une structure engagée et tu cherches un·e freelance expert·e en data ? Social Declik est là pour t’aider grâce à son vivier de freelances engagé·es.


