Pourquoi commencer par une problématique ?
Avant toute collecte ou analyse, une étape essentielle s’impose : définir clairement la question à laquelle la donnée devra répondre.
Pour les organisations de l’économie sociale et solidaire (ESS), cela signifie aligner les projets data avec les besoins de terrain, les objectifs de pilotage ou les obligations de reporting. Cette phase de cadrage évite de perdre du temps avec des données inutiles, mal exploitées ou déconnectées des réalités de l’organisation.
Rédigée par Lorena, membre de la communauté des Freelance For Good et de la tribu data Social Declik, cette série d’articles a pour objectif de proposer une méthode claire, accessible et réaliste, pour toutes les structures — même petites, même non techniques — qui veulent mieux utiliser leurs données au service de leur mission sociale ou environnementale.

1. À quoi va servir la donnée ?
Commence par te poser la question du « besoin métier » : quel problème essaie-t-on de résoudre ? Quelle décision faut-il appuyer ?
Quelques exemples :
- Améliorer l’accompagnement des bénéficiaires
- Mesurer l’impact d’une action ou d’un projet
- Mieux gérer les ressources (humaines, financières)
Un besoin mal formulé entraîne souvent des indicateurs mal adaptés ou des collectes inutiles.
2. Pour qui ?
La donnée doit toujours avoir un public cible. Qui en a besoin ? Pour quel usage ?
Selon le profil des destinataires (direction, équipes terrain, financeurs, partenaires), les attentes diffèrent :
- Données chiffrées brutes ?
- Tableaux de bord visuels ?
- Résumés synthétiques ?
Cela conditionne aussi la forme de restitution, le niveau de détail, voire la nécessité d’anonymiser certaines informations.
3. Quels indicateurs choisir ?
Une fois le besoin et le public clarifiés, on peut déterminer les bons indicateurs.
Quelques principes :
- Privilégier la simplicité : un indicateur simple, bien compris, vaut mieux qu’un indicateur complexe mais flou
- Choisir des indicateurs actionnables : qui permettent de décider ou d’agir
- Distinguer indicateurs de pilotage (interne) et de valorisation (externe)
Exemples : taux de satisfaction, délai moyen, nombre de personnes accompagnées, budget exécuté…
4. Sur quelle période ? À quelle fréquence ?
Toute analyse de données repose sur une temporalité claire.
- Période à analyser : les 6 derniers mois ? l’année en cours ? l’historique complet depuis 2019 ?
- Fréquence de mise à jour : une fois par an ? chaque mois ? en continu ?
Ces choix influencent le volume de données à prévoir, la charge de travail, le niveau de détail, et le rythme des restitutions.
5. Aligner les données sur la stratégie de l’organisation
La stratégie data ne doit pas exister en vase clos. Elle doit :
- Servir la mission sociale ou environnementale de l’organisation
- Renforcer la transparence vis-à-vis des partenaires et financeurs
- Améliorer la prise de décision et le pilotage quotidien
Un projet data pertinent est un projet connecté à la réalité du terrain, des équipes et des ambitions.
En résumé
| Étape | Questions à se poser |
| Pourquoi ? | Quel est le besoin métier ou la finalité du projet ? |
| Pour qui ? | Qui va utiliser ou lire les données ? |
| Quoi ? | Quels indicateurs sont les plus utiles ? |
| Quand ? | Quelle période ? Quelle fréquence ? |
| Alignement | Est-ce cohérent avec les objectifs de la structure ? |
Bien poser sa problématique, c’est préparer le terrain pour une collecte ciblée, une analyse utile et une valorisation efficace des données.
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