Seconde main & réemploi : comment passer de la conviction personnelle à l’impact professionnel ?

Noémie Wilbal

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Lorsqu’on vous dit seconde main, à quoi pensez-vous ? 

Le nom de certaines plateformes vous vient en tête n’est-ce pas ? Saviez-vous qu’il en existe plus d’une centaine en France ?

Coline Laurent est venue animer une kapsule (Masterclass réservée à notre communauté) sur le thème suivant : le réemploi et la seconde main, passer de la conviction personnelle à l’impact professionnel. 

Coline est marketeuse et communicante spécialisée sur le marché du réemploi et de la seconde main. Elle a également cofondé Encore, un collectif de Freelance en communication spécialisé sur le marché de la seconde main. 

En guise d’Icebreaker, Coline nous invite à partager ce que nous évoque la seconde main.

Réutilisation, économie circulaire, deuxième vie, durabilité… Le mot « recyclage » s’est également glissé dans cette liste. 

Or, recycler ne fait pas partie du réemploi. Explications. 

Acheteuse de dos dans une recyclerie

Réemploi, seconde main, upcycling ? Reposons les bases

Le secteur du réemploi et de la seconde main est un secteur bien défini, mais que la plupart du temps, nous confondons avec le recyclage. 

Le recyclage nécessite des ressources en eau et en énergie et implique de continuer à produire des déchets. À l’inverse, le réemploi invite à réduire les déchets. 

Le réemploi est l’opération par laquelle un produit est donné ou vendu par son propriétaire initial à un tiers qui, a priori, lui donnera une seconde vie. 

Il existe deux types de réemploi : 

Le réemploi solidaire

Les recycleries et les chantiers d’insertion. Ici, nous retrouverons principalement des associations telles qu’Emmaüs et la Croix Rouge. Les fonds récoltés dans leurs points de vente les aident à se financer. 

Le réemploi lucratif

Entreprise de seconde main, start-up, dans une logique écologique, il s’agit d’un pan du marché qui est en plein essor. 

Un autre terme, proche du recyclage, mais avec un procédé différent, appartient au secteur du réemploi : le « surcyclage » également appelé « upcycling ». 

Ici, le produit subit un recyclage valorisé. Il est transformé en un produit de qualité ou d’utilité supérieur. 

Il s’agit un « recyclage vers le haut » : le produit, qui peut être passé par le statut de déchet ou non, est transformé en un produit de qualité ou d’utilité supérieure.

Et la seconde main dans tout ça ? 

De sa définition officielle, la seconde main signifie : « usagée, qui est passé par un intermédiaire ». 

L’objet a été possédé par une personne en amont. Il ne dormait pas au fond d’un stock et est donc différent du déstockage. 

Les bases étant posées, passons au cadre législatif du réemploi. 

Quels produits sont concernés par la seconde main ? 

La plupart du temps, nous associons la seconde main aux vêtements et chaussures, plus largement à des biens de consommation courants. 

Pourtant, ce marché est bien plus large qu’on le croit. Il y en a pour tout le monde, de la maison en passant par l’électronique, la culture, les accessoires, la mode, les jouets pour enfants, les équipements sportifs, les multispécialistes et enfin le mariage. Oui, vous avez bien lu, le mariage.

Tout existe de seconde main !
La preuve avec ce mapping des solutions, réalisé par le collectif Encore :

mappin avec tous les logos de plateforme seconde main par catégorie

Quelques chiffres issus de l’étude Novascope seconde main 2021 : 

En France, 64% des français ont acheté un produit de seconde main au cours des douze derniers mois. Et 52% des non-acheteurs envisagent d’acheter d’occasion à l’avenir. 

Et vous ? Prêt·e·s à passer à la seconde main ?
Les fêtes de fin d’années approchent à grands pas, Oseriez-vous offrir des cadeaux de Noël issus du réemploi cette année ? 

Le collectif Encore vous a justement préparé LE guide d’idées cadeaux de seconde main, ou upcyclés à consulter ici sans modération avant les fêtes !

Intégrer la seconde main dans son cadre professionnel

Le réemploi est inscrit dans la loi  

Connaissez-vous la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire) ? 

Elle s’articule autour de cinq grands axes :

  • Sortir du plastique jetable, 
  • Mieux informer les consommateurs, 
  • Lutter contre le gaspillage et pour le réemploi solidaire, 
  • Agir contre l’obsolescence programmée, 
  • Mieux produire 

Cela implique trois termes importants : réduire, recycler et réutiliser (Les 3R). 

Cette loi vise à lutter contre le gaspillage en interdisant l’élimination des invendus non alimentaires. Ce traité est entré en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2022 pour les filières REP (responsabilité élargie des producteurs) et entrera en vigueur au plus tard le 31 décembre 2023 pour les autres. 

Voici la définition du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires concernant les filières REP (responsabilité élargie des producteurs) :

Celui qui fabrique, qui distribue un produit ou qui importe un produit doit prendre en charge sa fin de vie. Le producteur et le distributeur doivent ainsi financer, organiser et mettre en place les solutions de collecte, de réutilisation ou de recyclage appropriées pour son produit.

La loi AGEC promeut également le réemploi solidaire en créant des fonds pour celui-ci. Principalement destiné aux recycleries, ressourceries et autres structures de l’économie solidaire. Les filières REP y contribuent à hauteur de 5% de leur éco-contribution. 

Toujours selon le ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires : l’éco-contribution est une contrepartie financière que le producteur verse à son éco-organisme pour que celui-ci s’occupe du traitement de ses déchets. L’éco-contribution est à la charge du producteur : c’est le concept du pollueur-payeur. 

Pour en savoir plus sur les filières REP, tu peux télécharger l’infographie ici.

A noter : Le service public doit désormais acquérir des biens issus du réemploi pour ses commandes. 

A quand une application de cette obligation dans les entreprises du secteur privé ?
En attendant que cela devienne obligatoire, on te propose, en tant que freelance, d’accompagner tes clients vers plus de réemploi. 

Plusieurs façons de passer à l’action, en fonction de la typologie d’entreprises

Les marques qui commercialisent des produits de consommation sont soumises à des obligations de gestion de la fin de vie de leurs produits (REP). 

Certaines organisent des collectes avec des associations, pour que les objets qui ne sont plus utilisés retrouvent une seconde vie. 

D’autres mettent en place des plateformes de seconde main en leur nom. Sur certains sites e-commerce, vous pourrez trouver aussi bien des vêtements neufs que des vêtements de seconde main. 

Et les entreprises de services, qui ne commercialisent pas de produits, et ne sont donc pas soumises à REP ?
Vous trouverez du mobilier professionnel de seconde main, des goodies et du merchandising. 

Dans le secteur de la restauration, il existe une myriade d’acteurs à l’échelle locale proposant le réemploi des emballages (à découvrir ici). 

Les secteurs du bâtiment et médical peuvent également sourcer des matériaux issus du réemploi. 

Voilà de quoi inciter vos clients à se tourner vers le réemploi lors de vos missions !

Toi aussi tu as envie de faire évoluer tes habitudes pro et perso dans une communauté joyeuse et bienveillante de freelances for good ? Postule ici pour nous rejoindre !

Cet article a été rédigé par Noémie Wilbal, Freelance engagée et Declikeuse, à partir de la Masterclass de Coline Laurent.

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