L’accessibilité numérique, une nécessité pour tout le monde

Coline

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Quand on parle d’accessibilité numérique, une des premières choses qui nous semble important de rappeler, ce sont les réactions que tu as peut-être déjà entendu :

  • “Cela ne nous concerne pas, nous n’avons pas clients aveugles”
  • “Alors nous personne ne s’est jamais plaint de notre site”
  • “Le truc c’est que l’accessibilité, ça fait des sites moches”

Alors, on te prévient tout de suite, on va balayer tous ces préjugés ! Il est possible de faire un site avec une belle ergonomie, aboutie et avec une expérience utilisateur pleine tout en étant accessible. D’ailleurs, ce n’est pas quelque chose de nouveau, la notion d’accessibilité fait partie de l’ADN du web car un des fondateurs du web : Tim Bernes-Lee en faisait déjà un point central en 1989 !

Si on parle de définition, l’accessibilité du numérique signifie que les personnes en situation de handicap peuvent utiliser le web (comme tout le monde) et plus précisement qu’elles peuvent : percevoir, comprendre, naviguer, interagir et contribuer sur le web (source WAI)

Mathieu Bars, directeur de Numerik-ea et Anthony Naudin, consultant en accessibilité web chez Numerik-ea, sont venus nous éclairer sur ce sujet et nous proposer un cas pratique pour illustrer leurs propos lors d’une masterclass à destination de notre communauté.

Le handicap, de quoi parle-t-on ?

Une définition du handicap est : “La perte ou la restriction des possibilités de participer à la vie de la collectivité à égalité avec les autres, à cause d’une ou plusieurs déficiences.”

Cela s’applique à la vie courante mais aussi largement sur le web. D’autant qu’avec le covid, il y a eu une accélération de la digitalisation de services et notamment des services publiques.

C’est une forme de discrimination si une personne en situation de handicap n’est pas en mesure de se connecter ou de naviguer sur un site.

Mettre en place l’accessibilité est utile en premier pour les personnes ayant des déficiences sensorielles, motrices ou cognitives mais ce qui est important de réaliser, c’est que cela est aussi utile à tous et toutes. Un site plus accessible est un site plus agréable à la lecture et à la navigation.

En chiffres, 12 millions de personnes se déclarent en situation de handicap permanent.. soit 20% de la population (chiffres INSEE 2015) ! Et dire que seulement 5% des sites sont aujourd’hui accessibles…

Et plus largement, 15% de la population mondiale a une déficience (Chiffres OMS 2018) et 80% des personnes en situation de handicap ont un handicap visible.

Comment navigue-t-on sur internet lorsqu’on est en situation de handicap ?

Grace aux Technologies d’Assistances ! Les Technologies d’Assistances (TA) sont des solutions d’aides logicielles ou matérielles qui permettent aux personnes en situation de handicap de consulter et interagir avec des contenus numériques.

Ils en existent de nombreuses logicielles :

  • les lecteurs d’écran (couplés à une synthèse vocale et/ou une plage braille),
  • les loupes (zoom) d’écran (parfois couplés à une synthèse vocale)
  • les logiciels d’interaction par commande vocale, clavier virtuel, contacteurs et par détection de mouvements,
  • les fonctionnalités natives des navigateurs(zoom et grossissement de texte) et certaines extensions,
  • les fonctionnalités natives des systèmes d’exploitation(grossissement de texte, contrastes etc.)

Et des TA matérielles :

  • clavierset claviers adaptés, souris et trackballs, joysticks, écrans tactiles, microphones, bloc-notes, tablettes et ordinateurs braille, contacteurs, licornes(headsticks) ou encore baguettes / tiges buccales (mouthsticks)…

Le cadre legislatif et le cadre normatif RGAA

Depuis 2012, le Conseil des Droits de l’Homme au sein de l’ONU reconnait l’accès à internet pour tous comme un droit fondamental.

En France, une loi établie en 2005 (mais dont le décret d’application est en vigueur seulement depuis 2019). Aujourd’hui, les entreprises ayant un chiffre d’affaires de plus de 250M d’euros ou les organismes délégataires d’une mission de service publie sont dans l’obligation de rendre leur site web accessible à tous et toutes.

Concrètement, chaque site doit répondre aux critères du Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité (RGAA). C’est à dire fournir :

  1. un schéma pluriannuel
  2. un plan d’action annuel
  3. une page accessibilité
  4. une mention de l’état de conformité sur la page d’accueil du site :
    1. Accessibilité : conformité totale (100 %)
    2. Accessibilité : conformité partielle (50 % à 99 %)
    3. Accessibilité : non conforme (0 à 49 % ou pas encore audité)

Il contient également une méthodologie technique de vérification de la conformité à la norme (WCAG 2.1 niveau AA) composée de 13 thématiques qui regroupent 106 critères  et 258 tests unitaires (Tous les critères et tests ici)

Voici une infographie pour illustrer ce cadre législatif

Comment faire un projet web accessible ?

En accessibilité, on parle de a11y, qui est le raccourci du mot anglais : accessibility.

3 thématiques importantes qui vont ensemble lors de la création d’un site : le design, le contenu et le code. La démarche idéale est l’accessibilité ByDesign : prendre en compte l’accessibilité dès la création des maquettes.

Dans tout projet, il y a 3 axes de travail :

  • Montée en compétence Formation, veille, ateliers…
  • Documents et outils Design : checklist, charte graphique ou Design System Code : bibliothèque de composants, linters, extensions
  • Accompagnement projet Audits, revues graphiques / de code Tests utilisateurs qui incluent des personnes handicapées

Quelques bonnes pratiques

On vous partage quelques bonnes pratiques d’accessibilité :

  • Prévoir des équivalents textuels aux images pour permettre l’utilisation d’une synthèse vocale par les malvoyants.
  • Éviter les textes justifiés
  • Respecter des règles en matière de contraste de couleur car ça par exemple ce n’est pas très lisible.
  • Respecter la structure HTML de la page (sémantique, hiérarchisation des titres …)
  • L’information ne doit pas être véhiculée uniquement par la couleur
  • Permettre le contrôle avec les contenus interactifs (Pause sur un autoplay)
  • Rendre toutes les fonctionnalités accessibles au clavier
  • Laisser à l’utilisateur suffisamment de temps pour lire et utiliser le contenu
  • Faire en sorte que les pages apparaissent et fonctionnent de manière prévisible
  • Aider l’utilisateur à éviter et à corriger les erreurs de saisie

Et alors Social Declik, bon ou mauvais élève ? Anthony et Mathieu ont fait un audit de notre site, et nous avions déjà mis en place quelques bonnes pratiques mais nous avons des points d’améliorations !

Si toi aussi, tu veux rejoindre notre communauté et accéder à des masterclass inspirantes comme celle-ci, rejoins-nous ici … Déjà plus de 40 replays disponibles, plus toutes celles à venir !

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