Épisode 2 – Doit-on avoir lu tous les rapports du GIEC pour travailler dans l’impact ?

Coline

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Quelle est ma légitimité à travailler dans le secteur de l’économie sociale et solidaire sachant que je n’ai pas de formation dans le développement durable ?

On peut penser qu’il est nécessaire de se former à ces sujets avant de postuler pour ne pas passer pour un imposteur. Mais avant de se lancer dans un programme de formation couteux en temps et en argent, peut-être est-il plus judicieux de rencontrer en amont les acteurs avec lesquels on aimerait travailler, comprendre leurs besoins et les prérequis attendus.

Dans cet épisode, on te partage 2 idées pour te montrer que la formation n’est pas forcément une étape obligatoire.

Ensuite, c’est Aurélie Jourdon du cabinet Omeva et Alexis Collaudin, un freelance engagé, qui nous expliquent leurs points de vue sur ce sujet de la formation

Les liens de notre rubrique Ressources pour aller plus loin :

Pour écouter l’épisode

Charlotte : Hello Coline

Coline : Salut Charlotte, tu vas bien en forme et toi ?

Coline : Ecoute super et ravie d’enregistrer ce 2ème épisode avec toi.

Charlotte : Pareil, trop contente, surtout qu’on aborde une question qu’on adore, une question qu’on nous pose souvent et qu’on voulait du coup partager avec vous : Doit-on se former en RSE et ou en développement durable pour travailler dans le secteur de l’impact?

Coline : « Spoiler Alert » la réponse, on l’a dit tout de suite : C’est non. Enfin c’est un peu plus compliqué que ça, on va t’expliquer tout ça. Alors bien sûr, si toi t’as le temps de lire tous les rapports du GIEC, que tu veuilles travailler ou non dans l’impact, on t’invite à le faire, mais tu n’en as pas forcément besoin pour devenir freelance for good. Et tu n’as pas forcément besoin d’un master en RSE pour devenir freelance for good. D’ailleurs, Charlotte, finalement nous on ne s’est pas vraiment formées au sens académique du terme, on a suivi différents ateliers et fresques, on s’est auto-formées mais on n’a pas suivi une formation RSE pour créer Social Declik.
La première idée qu’on voulait vous partager pour répondre à la question : « Doit-on se former en RSE et développement durable pour travailler dans le secteur de l’impact? »
C’est déjà de vous inviter à vous poser la question avant de vous former « avec qui j’ai envie de travailler et qu’est-ce que j’ai envie de faire? » On ne vous dit pas forcément qu’il ne faut pas du tout se former, mais en tout cas, qu’il faut d’abord se poser la question, réfléchir à ce que vous avez envie de faire. La première idée, c’est de partir d’abord de vos compétences, qu’est-ce que vous avez envie de faire? Quelles sont, par rapport à vos expériences, les compétences que vous avez envie de mettre au profit de secteurs de l’ESS, c’est un travail un petit peu finalement introspectif, on va aussi vous inviter à réfléchir à quels sont vos enjeux, quelle est votre définition de l’impact, qu’est ce qui vous semble être utile, quelle va être la cible avec laquelle vous aimeriez travailler?
Avant de vous former, c’est vraiment d’aller discuter avec eux, faites des enquêtes métiers, quels sont vos besoins? Quelles sont les typologies de profils que vous recherchez? Donc c’est vraiment de rentrer en contact avec ces acteurs là, de comprendre leurs besoins et d’identifier si vous pouvez pas déjà vous positionner et mettre à profit vos compétences auprès d’acteurs de l’économie sociale et solidaire ou d’impact positif avant même de vous former.
Et la formation viendra peut-être éventuellement en 2ème temps, mais l’idée c’est vraiment d’abord de partir sur une rencontre, de l’échange et un partage. En gros aussi ce qu’on voit, c’est que si vous faites une formation dès le début avant même d’avoir discuté avec les acteurs, le plus gros risque, c’est de faire une formation qui à la fin ne vous sert pas potentiellement et vous a fait perdre un peu de temps et un peu d’argent.

Charlotte : Carrément d’accord avec toi Coline, puisqu’en fait il y a une différence entre avoir un métier d’impact, c’est-à-dire être un expert de la RSE de la Responsabilité Sociétale d’Entreprise avec une expertise particulière sur l’économie circulaire ou le bilan carbone, où en fait on va aider des entreprises en général plutôt traditionnelles à transiter vers des modèles plus vertueux, même si parfois des entreprises de l’impact peuvent avoir besoin de construire une stratégie RSE donc ça c’est effectivement on est expert et on accompagne des entreprises classiques ou parfois des entreprises de l’impact. Il y a une différence entre cette trajectoire et l’autre trajectoire qui est, j’ai un panel de compétences lié à la tech, lié à la communication, à la visibilité, à la compta, à la gestion de projet et je mets ces compétences là au profit de structures de l’économie sociale et solidaire. Et ça, c’est une autre trajectoire et une trajectoire tout à fait louable puisque les structures de l’impact ont besoin de ces compétences là, En général, les personnes qui sont salariées de ces entreprises là de ces structures à impact sont des supers experts de la cause ou sont des supers experts de l’écosystème, mais pas toujours des experts de la communication, de la tech, du web, de du marketing digital, etc. Pour étayer le propos, on voulait vous partager un exemple, celui de la tech. Il y a une étude hyper intéressante qui est sortie qui a été réalisée par Solidatech, qui explique que 76 % des associations éprouvent des difficultés sur leur stratégie numérique, ce qui veut dire que ces entreprises là, ces structures là, ces associations, elles ont besoin de développeurs web. Elles ont besoin d’experts du SEO parce que c’est pas leur métier initial et qu’ils ont besoin d’y aller pour justement se rendre visible auprès de leurs bénéficiaires, auprès de bénévoles auprès de toutes leurs cibles. Et pour rappel, cette fameuse économie sociale et solidaire, ces structures de l’impact, c’est une économie énorme. On a tendance à pas l’imaginer. Forcément, c’est 2,6 millions de salariés, soit 13 % des emplois en France et dans ces métiers là forcément bah il n’y a pas que des responsables RSE loin de là. Donc en gros le propos c’est de se dire qu’il faut pas confondre RSE avec une boîte qui n’est pas à impact et les métiers dits classiques dans une boîte de l’économie sociale et solidaire.

Coline : Donc en gros, on voulait vous dire, on ne commence pas par une formation sans savoir quelle trajectoire on veut prendre, sans savoir quelles sont les besoins des acteurs avec lesquels on a envie de travailler. Dans un premier temps, on les rencontre, on réfléchit, on partage et on fait une formation éventuellement, si on en ressent le besoin et qu’il y a un manque au moment d’échanger, de partager avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Charlotte : Et du coup, pour nourrir cette réflexion, comme à chaque épisode, on vous propose des témoignages de personnes qui viennent nous inspirer sur le sujet de l’épisode. Et là on va découvrir 2 témoignages. Le premier, c’est celui d’Aurélie Jourdon, qui est co-fondatrice d’Oméva.

Aurélie : Salut c’est Aurélie, je travaille pour Oméva, cabinet de recrutement engagé qu’on a créé il y a presque 2 ans et demi maintenant avec Guillaume. Nous, notre objectif c’est vraiment de mettre toutes les compétences au service de la transition sociale, sociétale et environnemental et on est convaincu qu’on a chacun un rôle à jouer là-dedans, que ce soit avec ses compétences et ses valeurs. Donc pour nous, la formation, elle peut être importante quand on a vraiment une brique qui nous manque de notre quotidien mais c’est pas un prérequis. Je pense qu’en France, on a eu l’habitude de vraiment trop avoir le réflexe CPF jusqu’à maintenant et de se dire bah finalement je vais faire une formation en anglais parce que voilà j’ai besoin d’avoir une formation en anglais mais on sait jamais vraiment posé la question du bénéfice de cette formation en anglais et aujourd’hui on voit bien qu’il y a pas tant de postes que ça où c’est nécessaire donc pour nous, c’est exactement la même chose sur le reste des formations. On se dit qu’il faut d’abord analyser son projet, parler aux professionnels, savoir exactement de dont on a besoin et ensuite seulement envisager la formation en rapport. Et pour ça, les enquêtes métiers justement auprès de personnes qui font le travail peuvent être super nécessaires parce que c’est souvent eux qui recommandent les meilleures formations, les plus pertinentes et les plus pragmatiques.

Coline : Voilà, c’était le témoignage d’Aurélie sous un beau vent extérieur et des petits bruits d’oiseaux qui nous ont fait voyager. J’espère que vous avez quand même entendu, mais ce qui est intéressant, ce qui ressort, c’est voilà, ces enquêtes métiers dont on vous parlait, effectivement demander avant de vous former. Le 2ème témoignage qu’on voulait vous partager, c’est le témoignage d’Alexis qui fait partie de notre communauté Social Declik et qui est freelance en communication digitale à impact.

Alexis :  Salut Coline. Alors moi, quand j’ai décroché ma première mission impact, déjà j’étais super fier et super heureux parce que je pensais pas que c’était possible et ensuite je me suis vite rendu compte qu’effectivement je n’avais pas de formation ni dans la RSE ni dans l’impact, ni dans la connaissance du monde de l’économie sociale et solidaire (ESS) et que j’avais besoin de d’aligner mes convictions personnelles avec mes valeurs professionnelles pour pouvoir échanger au mieux avec les interlocuteurs et les interlocutrices que j’allais avoir dans mes missions à impact et du coup, je me suis formé en faisant une fresque du climat, d’abord pour comprendre les enjeux sociaux et environnementaux ensuite et ça, c’est notamment grâce à Social Declik, j’ai fait une fresque du numérique, ça, c’était pour comprendre les enjeux du numérique par rapport aux enjeux de sobriété notamment, et de l’impact que ça en termes environnemental notamment. Et ensuite j’ai fait une fresque des nouveaux récits et là du coup, c’était plus pour essayer de d’imaginer un futur plus désirable avec ces enjeux de sobriété, etc. Et à partir du moment où j’ai fait ces 3 moments de formation, je me suis senti beaucoup plus aligné avec mes clients et mes missions, et c’était beaucoup plus simple aussi d’échanger avec eux parce que je me sentais beaucoup plus légitime et je me suis rendu compte aussi qu’y avait pas forcément besoin d’avoir des connaissances techniques dans le secteur de l’impact ou de l’ESS mais c’était plus une question d’aligner mes valeurs avec les interlocuteurs que j’avais en face que c’était le plus important pour moi.

Coline : Hyper intéressant le témoignage d’Alexis qui raconte, voilà qu’il a eu des missions, sans avoir forcément de formation, sans même avoir forcément fait une fresque du climat et que d’avoir, en parallèle de ces missions, fait ces différentes fresques, ça lui a permis d’aligner les valeurs je trouve. C’est vraiment intéressant. C’était pas forcément pour être plus compétent dans son métier parce que lui, il fait de la communication pour des entreprises à impact, mais vraiment d’aligner les valeurs et d’être en phase avec les clients. Je sais pas si t’as un retour toi Charlotte à partager aussi sur ces 2 témoignages.

Charlotte : Ce que je trouvais très intéressant aussi, c’est que dans le témoignage d’Alexis, on voit bien que ces ateliers, au-delà d’apprendre, renforcent aussi le sentiment de légitimité. Et ça, on le voit bien quand on se lance en freelance et qu’on se lance particulièrement dans le secteur du for good, c’est important aussi d’arriver à se construire une légitimité, à se sentir à l’aise, à dépasser son syndrome de l’imposteur qui est souvent assez fort. Et on en on en parlera encore dans d’autres épisodes de podcast. Et là on voit bien que ça la, ça l’a vraiment aidé à dépasser ça. Et je trouve que c’est vraiment hyper intéressant donc 2 intérêts finalement à se à suivre ce genre d’atelier d’intelligence collective.

Coline : Pour terminer, comme d’habitude, on voulait vous partager 3 actions pour faire les premiers pas et pour justement vous montrer aussi que c’est possible de trouver des missions sans forcément se former.

Charlotte : La première action qu’on voulait te proposer de faire, c’est justement de réaliser une fresque du climat ou une autre fresque. Mais la fresque du climat, on va dire que c’est la plus généraliste. Il y a aussi l’atelier 2tonnes qui est hyper intéressant pour comprendre les valeurs et les ordres de grandeur en termes d’enjeux climatiques, donc ça c’est une action qui peut être intéressante et on peut aussi s’abonner à des newsletters comme le média Vert par exemple ou Bon Pote qui permet de s’informer, de rester en veille sur les enjeux climatiques et sociaux.

Coline : La 2ème action qu’on me propose de faire, c’est justement de regarder des structures qui t’intéressent et de rentrer en contact avec elle, faire des entretiens, discuter, faire des enquêtes métiers. Pour cela, assez simple, ça paraît compliqué mais essaye juste d’identifier un salarié d’une structure qui t’intéresse. Tu l’identifies sur LinkedIn, tu lui poses la question s’il est disponible pour juste voilà évoquer son métier, partager, discuter et tu discutes avec lui pour comprendre les besoins de la structure et comprendre aussi son parcours.

Charlotte : La 3ème action qu’on te propose de faire, c’est pourquoi pas de démarrer par un bilan de compétences qui te permettra de faire le point justement sur tes aptitudes sur ta zone de génie ou alors en toute objectivité, une formation comme celle qu’on propose la formation Freelance For good pour bien comprendre comment justement tu pourrais t’insérer dans le secteur de l’impact.

Coline : Voilà, on espère que tu pars avec des actions et de l’envie. Et pour terminer cet épisode, comme d’habitude, on veut aussi t’inspirer, et c’est pour ça qu’on va passer sur la rubrique Actu. On vous partage 3 sites. Le premier, la fresque du climat, n’hésite pas à suivre un atelier, le 2ème, le média Vert, qui envoie des newsletter régulièrement très intéressantes sur les enjeux socio environnementaux et enfin le média et l’influence sur bon pote qui partagent sur ces sujets et qui vous permet de grandir et de vous sensibiliser encore plus sur les sujets sociaux et environnementaux.

Charlotte : Une 2ème ressource qui pourra t’inspirer, c’est te rendre sur notre blog et de consulter l’article qu’on a fait qui s’appelle Quelle place prend le numérique dans les associations? Donc justement si ton métier d’origine, c’est un métier lié à la tech, au numérique, à la communication digitale, il y aura pas mal d’informations dans cet article qui devrait inspirer.

Coline : Et enfin, pour te rendre compte que c’est vraiment possible de faire une transition sans passer par un diplôme RSE mais par la formation freelance for good, petit clin d’œil, c’est justement le portrait de Noémie. Pareil sur notre blog, tu pourras le retrouver Noémie, elle est passée d’un métier très digital dans l’innovation et dans la tech à un métier uniquement pour des associations. Voilà avec ces ressources, ces actus, ces actions, on espère qu’on t’envoie plein de good vibes, que tu repars avec des idées et l’envie de te lancer sans forcément te former et on t’invite à continuer à suivre nos épisodes, à en parler autour de toi, à partager et on te souhaite une belle journée.

Charlotte : Belle journée à tous.

Fin : Alors on espère que tu repars avec des bonnes ondes et l’envie d’agir. Et nous on revient rapidement pour un nouvel épisode. N’hésite pas à t’abonner et à nous recommander à tes amis freelance pour continuer à se serrer les coudes. Et n’oublie pas, tu n’es pas seul. Le mouvement freelance for good est en marche.



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