Donner du sens au travail : Comment avancer dans cette quête

Charlotte

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“j’ai ressenti une surcharge de travail jusqu’à finir sur les rotules l’été dernier, épuisée … au bord du burn out et sans trouver de sens à ce que je faisais.” Mathilde

“…j’ai décidé de chercher des missions un peu plus en accord avec mes valeurs, je me suis tourné vers l’Économie Sociale et Solidaire”. Xavier

“… Puis, je suis passé en Freelance il y a 4 ans pour gagner en liberté (nouvelle vie de papa oblige) et être plus aligné avec mes valeurs en choisissant mes clients et mes projets.” Michel

Ces témoignages te parlent ? Toi aussi, tu as un pote, une cousine, un beau-frère qui a fait récemment sa crise de sens ? Peut-être que toi-même tu es en plein dedans ?

Mais c’est une nouvelle mode ou quoi ? Oui.

Et à priori, c’est que le début Baby !

Cette notion de SENS au travail qui a émergé en France fin des années 80 grâce à André Gorz et son ouvrage Métamorphoses au travail, est maintenant un terme qu’on entend partout ! D’ailleurs, petit tips, c’est cadeau, si t’as envie de briller en soirée, tu peux parler de Sens Out ou Brown Out.

Oui, comme burn out ou bore out, mais un peu plus cool quand même.

Alors, chez Social Declik, on avait envie d’explorer ce sujet pour deux raisons :

  1. D’une part, ce projet entrepreneurial est né de deux quêtes de sens, celles de Coline et Charlotte, les deux co-fondatrices
  2. D’autre part, parce que ce projet, Social Declik a justement pour ambition d’apporter une réponse, une solution parmi d’autres aux personnes en quête de sens : Le Freelancing for Good.

On vous propose de mieux comprendre ce phénomène ainsi que des solutions pour que tu puisses avancer dans ta propre quête de sens !

Un homme qui marche et derrière lui un dessin qui illustre le parcours d'une vie avec des montagnes,

La quête de sens, quelle est l’ampleur du phénomène ?

“ Beaucoup désertent les grandes villes étouffantes et les emplois intenables, en quête d’un habitat apaisé et d’un travail utile, acceptant de moins consommer et se réjouissant de moins polluer”. Extrait de l’ouvrage Redonner du sens au travail – Thomas Coutrot et Coralie Perez

Cette phrase résonne chez les personnes en quête de sens qui viennent à notre rencontre dans le cadre de Social Declik

Et ce phénomène, on ne l’observe pas que de notre fenêtre.

Il s’agit d’une tendance de fond. Dans les médias et les réseaux sociaux, on trouve de plus en plus de témoignages de personnes qui ont vécu une crise de sens et décidé de changer de voie professionnelle. Ces personnes ont souvent quitté des jobs bien payés pour se lancer dans un travail à impact positif.

En France, on constate une très forte hausse des démissions, on parle d’ailleurs de la Grande Démission, avec 470 000 salarié·es en CDI qui ont déposé leur démission au premier trimestre 2022. Ce chiffre est en hausse de 20 % par rapport à fin 2019.

Et même parmi les effectifs qui restent, on parle de démission silencieuse, avec une forte baisse de motivation et donc d’engagement de beaucoup de collaborateurs dans les grandes entreprises.

En résumé, c’est 18% des Français·es, soit 1/5 qui aimerait trouver du sens au travail.

Jean-Luc Bernaud, Docteur en psychologie notamment sur la question du sens résumait bien cette tendance en disant que nous, la génération Y, qui se dit [wai] en Anglais est effectivement la génération du Why. C’est bien résumé. Fini la crise de la cinquantaine, Kikou celle de la trentaine !

Concrètement, C’est quoi le sens au travail ?

Il existe différents référentiels, celui qu’on partage ici nous paraît simple, complet et efficace !

Le sens au travail comporte 3 dimensions :

  • L’impact sur le monde : Est-ce que ce que je fais est utile aux autres ?
  • Pouvoir bien faire son travail (éthique) : Est-ce que j’ai les moyens de bien faire mon travail ?
  • La capacité de développement : est-ce mon travail me permet de développer mes compétences professionnelles ?

Dans la dernière dimension, on pourrait ajouter le plaisir, l’autonomie qui comprend aussi la créativité et la prise de décision.

Enfin, le sujet des relations humaines est souvent cité aussi comme une dimension incontournable.

Les facteurs de perte de sens au travail 

Ces dimensions ne nous expliquent pas pourquoi cette quête de sens est aujourd’hui de plus en plus prégnante. Il faut donc aller observer les facteurs de perte de sens dans les entreprises qui poussent les gens à revoir leur carrière et parfois aussi leur propre rapport au travail.

1. Les modes de management et les organisations des grandes entreprises.

Et dans la liste de ce que les gens ne supportent plus on retrouve les process, procédures désincarnées, les normes et les standards qui coupent tous les principes de la créativité et les reporting incessants, notamment financier et enfin les réorganisations (Réorg’ pour les intimes, on est beaucoup à en avoir vécu au moins une). Bref, tout le bel héritage du lean management qui avait le vent en poupe dans les années 90.

2. L’évolution des relations sociales au travail

La virtualisation des échanges accélérée depuis la crise COVID et l’avènement du télétravail, qui avec tout son lot de bénéfices amène aussi un déficit dans la qualité des relations sociales.

Les formes de violences qu’on retrouve en entreprise sont aussi un facteur, comme le harcèlement ou la mise au placard qui peuvent parfois amener au Burn-out ou au Bore-out.

3. Travailler contre la nature

De plus en plus de travailleurs et travailleuses, conscient·es des enjeux écologiques et sociaux actuels, vivent très mal les externalités négatives de leurs activités ou plus largement de celles de leur entreprise. On parle alors de conflit éthique ou encore de remords écologiques. Les accélérateurs de ce troisième facteurs sont bien sûr la crise écologique, dont on voit plus les conséquences aujourd’hui dont la Crise COVID.

Alors, on pourrait se dire, Eureka ! La solution de toutes ces grosses boîtes c’est de mettre en place des politiques RSE (responsabilité sociétale des Entreprises) !!!

Et ben non. Perdu. Les études prouvent qu’il n’y a aucun lien entre le sens ressenti par les collaborateurs au travail et la présence ou non de politiques RSE.

Les collaborateurs et collaboratrices sont conscient·es des limites de ces politiques. Pas d’obligation de résultat, difficulté à mesurer l’impact, manque d’indépendance des organismes d’évaluation.

Quand on voit qu’une structure comme Orpea (scandale des Ehpads, tu vois ? ) a été nommée comme la 5e entreprise la plus engagée dans la RSE dans son secteur sur 113 entreprises. Il y a de quoi être dubitatif, non ?

Finalement, le risque lié à ces politiques est souvent de tomber dans les travers du green washing et du sens washing (encore un mot sympa que tu pourras placer dans tes soirées mondaines).

Quelles sont les solutions pour retrouver du sens ?

Bonne nouvelle il y en a plein ! Tu n‘es pas obligé de te lancer en tant que reporter de guerre ou pour élever des chèvres dans le Larzac pour retrouver du sens dans ton activité pro (même si ça reste une des options possibles ;-))

1. Rester dans sa boîte et la transformer de l’intérieur

Chez Social Declik, on appelle ça la stratégie de l’infiltré.

Tu restes, mais tu fais bouger les lignes, et pour ça, plusieurs solutions s’ouvrent à toi :

Proposer de nouveaux modèles managériaux

Je vous remettrai bien un peu de responsabilité, d’autonomie, de créativité et de bienveillance ? Et si pour démarrer, on s’appliquait à soi-même un VRAI management éthique et bienveillant pour ses équipes qu’on soit manager hiérarchique ou fonctionnel ? On n’est pas à l’abri que ça inspire ses collègues. On peut même aller plus loin et proposer une réflexion plus globale sur la mission de l’entreprise ou sur un modèle d’entreprise libérée.

Faire bouger sa pratique professionnelle

On peut aussi décider d’apporter une couche responsable à son métier. Achats, communication, Relation Client. Quelque soit sa fonction, on peut faire mieux pour réduire ses externalités négatives et mettre une petite touch éthique et responsable !

Initier ou se rallier à une action collective

Alors, là petit warning ! Certains l’ont fait et ils se sont fait dégager ! Les directions ne sont pas toujours très fans de ces leviers de boucliers !

On peut prendre l’exemple de Google ou Facebook. Au sein de ces deux GAFAM, des groupes de collaborateurs ont fait des lettres ouvertes à destination de leur direction, chez google contre un projet de reconnaissance faciale pour l’armée, chez Facebook contre les Fake News. Bon, ça s’est pas toujours supers biens fini pour eux.

Plus proche de nous, il y a aussi l’exemple chez Orange du groupe “Je suis Vert” qui conteste la stratégie du groupe “Tout 5G”. Pas sûr que cette équipe soit dans les petits papiers de la Direction.

Moins dangereux, on peut aussi décider de rallier une initiative de mécénat de compétences (= Donner de son temps de travail pour une cause sociale ou environnementale sous forme de mission, mentoring ou tutorat par exemple)

2. Trouver son bonheur ailleurs

Parfois, il y a tout un tas de bonnes raisons de ne pas partir. Pour ne pas se noyer dans sa frustration et finir à 40 piges totalement aigri de la vie, tu peux aussi opter pour un engagement en dehors de ton travail :

Le bénévolat

Quelques heures dans une asso qui porte un projet qui nous tient à cœur, ça peut faire du bien !

Un side project

Artistique, sportif, autres ! Retrouver de la créativité et de l’autonomie ailleurs !

3. Partir un jour, sans retour (ou si en fait)

Et là, 3 voies principales s’ouvrent à toi :

Salarié·e dans le secteur de l’impact

Bonne nouvelle ! D’après les études, les collaborateurs de l’Economie Sociale et Solidaire voient plus de sens à leur métier qu’ailleurs. Même si les conditions sont parfois dures et les salaires plus faibles que dans d’autres secteurs.

Tu peux te rapprocher du cabinet de recrutement Omeva spécialisé sur les métiers à impact positif.    

Entreprendre

Tu as une idée de génie pour résoudre un problème écologique ou social ? Tu peux décider de te lancer en tant qu’entrepreneur social !

Pour celles et ceux qui sont moins confort dans les situations de risque, tu as aussi l’option des CAE qui te permet de maintenir ton statut de salarié.

Devenir Freelance For Good 

Enfin, si tu adores ton métier et que tu voudrais mettre tes compétences au profit de structures à impact, tu peux aussi envisager le Freelancing For Good. Communicant, chef de projet, Bizdev, développeur web …. De plus en plus de personnes optent pour cette option pour rester sur leur zone de génie mais en développant une activité qui a du sens !

Comment avancer dans sa quête de sens ? 

Quand tu vois ton niveau de motivation en ce moment, tu te dis qu’il y a très certainement un petit sujet “sens au travail”. Voilà une petite trame pour avancer tranquilou sur la voie du sens !

1. Démarrer par une réflexion

Dans cette situation, une petite introspection ne va pas te faire de mal. On ne parle pas d’une psychothérapie de 10 ans, mais quelques bonnes questions à se poser. (On a rien contre les thérapies, hein ?)

Quelle place a le travail pour moi ?

  • Centrale : je mange travail, je dors travail, je …
  • Subsidiaire : Le travail c’est pour gagner ma vie, je m’épanouis ailleurs                              

Où j’en suis dans mon job actuel sur les 3 dimensions du sens ?

On te les rappelle :

  • L’impact sur le monde
  • Pouvoir bien faire son travail (éthique)
  • La capacité de développement

Dans mon job actuel, est-ce que je suis aligné avec mes valeurs ?

Si tu manques d’inspiration niveau Valeur, n’hésite pas à jeter un œil ici, sur le référentiel de valeur de Schwartz.

Les modalités de travail adaptées pour moi

Au vu de mes valeurs prioritaires, de mes expériences passées et de ma situation actuelle, quelles seraient les modalités de travail idéales pour moi ?

Full-remote, voyager, gagner XX€/mois, travailler en équipe, plus jamais de boss ….

Le sujet de l’argent est important ici. Tu peux prendre le temps de te questionner aussi sur ton RIB (Revenu Induit par mes Besoins).

Les objectifs de développement durable 

Petit bonus Social Declik, quels sont les ODD qui me tiennent le plus à coeur ?

Ça peut t’aider pour affiner ta voie !

Et surtout pendant cette phase de réflexion n’hésite pas à observer tes émotions (quelle carrière autour de moi me rend envieux ou admiratif ?) ou encore à reconnecter avec tes rêves d’enfant. L’ouvrage Trouver son IKAGAI de Christie Vanbremeersch t’aidera justement à faire ces exercices.

2. Passer à l’action

Déjà sur la définition de ta nouvelle voie professionnelle, n’hésite pas à te faire aider.

Un bilan de compétences

c’est une bonne étape pour avancer. Il existe des structures spécialisées dans le sens et l’impact, qui te propose en plus d’avancer en collectif ! Comme Mon Job de SensHisse et Haut ou plus généraliste mais sympa aussi, Chance.

Interviewer des personnes qui ont pris ta voie avant toi !

Hyper important pour avoir les coulisses du projet, se connecter à la réalité et sortir de l’idéalisation.

Tu seras surpris, les gens sont plutôt sympas et prêts à t’accorder 15/20 minutes pour parler d’eux et de leur parcours.

Faire de la veille

Un Mooc, un ouvrage, un livre blanc … Donne-toi les moyens de maîtriser le secteur, la voie ou l’enjeu social que tu souhaites couvrir dans ton futur job !

Se faire accompagner /Se former

N’hésite pas à intégrer un programme ou réaliser une formation qui va t’aider à monter en compétences, structurer ta méthode et donc te faire gagner beaucoup de temps, souvent en te permettant de te constituer un début de réseau.

Tu trouveras pas mal de structures d’accompagnement sur des transitions à sens et à impact ici (dont nous 😉

En plus de cet article, on t’a concocté une vidéo sur le sujet de la quête de sens que tu pourras retrouver sur notre chaîne YouTube.

Et si justement le freelancing For Good est une voie que tu envisages et que tu voudrais en savoir plus tu peux :

  1. Participer à notre prochain webinaire en t’inscrivant ici 
  2. Prendre RDV ici avec Charlotte pour 30 min d’échanges en visio

On propose une expérience complète pour construire et développer son activité de Freelance For Good : 

  • Le programme d’accompagnement de 6 semaines, en ligne et en collectif destiné aux freelances et aspirants freelances pour installer son activité
  • Le collectif : des événements, des ressources et des opportunités de mission pour nourrir ton activité

Petit récap des sources pour réaliser ce dossier : 

Redonner du sens au travail – Thomas Coutrot et Coralie Perez
Trouver son IKAGAI de Christie Vanbremeersch
Le podcast En quête de sens – Eposide « Trouver du sens au travail » 

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