Devenir Freelance For good : prendre soin de soi pour prendre soin du monde

Charlotte

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Aujourd’hui, on voulait parler d’un sujet indispensable quand on veut se lancer en tant que Freelance for Good et prendre part à la construction de projets vertueux. Il s’agit de l’écologie de soi.

Dans une grande majorité des cas, les personnes qui nous contactent sont soit des anciens salariés issus du secteur traditionnel soit des freelances qui travaillent pour ces mêmes acteurs.

Au mieux, ces aspirants Freelances For Good sont en train de vivre une petite dissonance entre leurs valeurs personnelles et la finalité de leur travail. Au pire, ils se remettent péniblement d’une expérience difficile et traumatisante de Burn-Out, Bore-Out ou de harcèlement.

On s’est donc dit qu’il fallait aussi parler de bien-être personnel, d’équilibre et de relation à soi.

Parce que pour prendre soin du monde, il faut déjà prendre soin de soi.

On veut aussi éviter le désenchantement. Être Freelance For Good peut être une voie d’épanouissement et de liberté à condition de faire preuve de discipline, paradoxalement.

Pour ne pas se cramer, s’éparpiller, gérer ses émotions dans les périodes de stress.

Alors, on te partage ici le fruit des nombreux échanges qu’on a eu avec les membres de notre communauté sur ses sujets.

Voici 7 clés pour te sentir bien dans tes baskets de FFG (Freelance For Good) et ainsi pérenniser cette aventure.

3 femmes et un homme qui font de la méditation sur des rochers en bord de mer

1. Définir ton projet pour savoir exactement où tu veux aller et comment

Quand on se lance en tant que freelance dans le secteur de l’impact positif, il faut le voir comme une aventure entrepreneuriale. Et qui dit entrepreneuriat, dit Business Plan.

NO PANIC !

Ça signifie juste qu’il va falloir définir un objectif en termes de chiffres d’affaires qui correspondra pour toi à : (Nombre de jours facturés X TJM) – toutes tes charges.

On ne va pas rentrer dans les détails comptables mais te donner 3 étapes pour t’aider à avancer dans cette réflexion :

  1. Définir ton RIB : Revenus Induits par tes Besoins. l’idée est de comptabiliser tes dépenses, des indispensables aux petits plaisirs (et pourquoi pas réfléchir à les réduire pour tendre vers plus de sobriété) et ce que tu souhaiterais épargner.
  2. Définir le nombre de jours facturables : L’idée ici, c’est d’être son propre DRH. Combien de jours tu souhaites facturer par mois ? Est-ce que tu t’accordes 1 jour pour faire du bénévolat, une 1/2 journée pour t’occuper du petit dernier ? Combien de jours de vacances, et prévoir aussi un petit matelas Off pour les impondérables.
  3. Définir son TJM cible. Pour cela, il faut investiguer. Regarder à compétences/niveau d’expériences égales les TJM pratiqués par ses pairs sur les plateformes de freelances type Malt. C’est bien aussi d’interviewer des solopreneurs de ta région, qui travaillent avec le type de clients avec lesquels tu voudrais travailler pour affiner cela.

Une fois que tu as ces 3 variables, tu bouges les curseurs jusqu’à ce que tu trouves l’équilibre. Et tu te mets en gros quelque part ces 3 indicateurs qui définissent ton CAP !

2. Etre avec soi le/la boss dont on a toujours rêvé !

Dans le projet de devenir indépendant, ce qui fait souvent rêver c’est le fait de ne pas avoir de boss. Mais mais mais, bizarrement, on n’est pas toujours le meilleur boss avec soi-même. Souvent très exigeant, on peut avoir tendance à s’auto-rabacher que l’on n’est pas légitime ou encore que ce n’est jamais assez.

Alors, voici quelques pistes pour appliquer un management bienveillant avec soi-même :

Se faire confiance et soigner son syndrome de l’imposteur

Ce sentiment d’illégitimité suit dans l’ombre beaucoup de solopreneurs qui se lancent. Normal, c’est quand on est hors zone de confort que lui prend ces aises.

Pour s’apaiser, c’est important de se lister toutes ses réalisations, les compétences qu’on a acquises et ce dont on est le plus fier. On peut aussi en parler tout simplement. On se rend souvent compte qu’on est loin d’être le seul atteint, et ça fait du bien. Il y a aussi des podcasts ou des lectures de développement personnel qui peuvent du bien. Chez Social Declik, on aime bien se mettre dans les oreilles un petit épisode de Change Ma Vie qui propose des astuces à intégrer dans son quotidien.

Et puis ce sentiment est aussi important, c’est celui qui te permet de ne pas vendre n’importe quoi à n’importe qui. Alors l’idée n’est pas de l’enlever mais bien de le soigner et de le dompter.

Ecouter ses clients : Exploration

Quand on est freelance, on se met beaucoup la pression sur son offre, son personal branding sur les réseaux sociaux ou encore son TJM. Et pourquoi pas interroger son réseau tout simplement ? Les gens adorent qu’on leur demande leur avis et c’est là que tu obtiendras les meilleurs conseils pour ajuster tout ça !

Se féliciter pour ses petites et grandes victoires

Tous les jours, toutes les semaines, tous les mois et tous les trimestres, on n’hésite pas si tu sens que ça peut te faire du bien à regarder dans le rétro :

  • Tes réussites : on prend le temps de se dire Bravo, de partager ses succès avec son entourage et pourquoi pas s’offrir quelque chose ? Du temps pour soi, ce nouveau resto qui a l’air super sympa ou le dernier bouquin dont on nous a dit le plus grand bien !
  • Tes loupés : on ne parle pas d’échecs mais “d’expériences qui n’a pas abouti à l’objectif souhaité”. Oui c’est long mais c’est mieux pour l’ego ! On essaie de comprendre ce qui n’a pas fonctionné et on cherche dans sa tête et celles des autres des pistes d’amélioration. On se rappelle, que ça arrive à tout le monde, SURTOUT aux meilleurs.
  • Chercher du feedback : Le meilleur moyen de se rassurer, sur le déroulement d’une mission par exemple, c’est souvent de poser tout simplement la question à ses clients. C’est tout bête, mais on oublie. Et pas forcément à la toute fin de mission. On peut prévoir aussi des points d’étapes, pour ajuster aussi au besoin.

3. Etre organisé pour être libre un max !

Ça paraît paradoxal mais, ce qu’on constate chez les freelances autour de nous, c’est que pour profiter à fond de la liberté du statut d’indépendant il faut être discipliné. Et ça commence par l’organisation de ces journées et de ses semaines.

Gestion du temps et des priorités

Les journées filent alors pouren profiter pleinement, et pas que de tâches professionnelles, on peut organiser ses plages de travail, observer les moments de la journée sur lesquels on est le plus performant et sur quels types de tâches et clarifier sa todo et ses priorités. Il y a plein de méthodes qu’on peut essayer, comme Pomodoro par exemple. Une lecture indispensable pour reprendre le contrôle de son temps , c’est la 25 heure.

Analyse de ses performances

Là c’est pareil, tu n’auras pas de boss qui te proposera un entretien trimestriel ou annuel pour faire le point. Or c’est indispensable d’analyser le passé pour faire mieux dans le futur !

Voici un exemple de routine qui pourra t’inspirer :

  • tous les matins : 15 minutes pour clarifier ta TODO et tes priorités
  • tous les vendredis : 30 minutes pour faire le point sur la semaine passée et préparer la prochaine
  • en fin de mois : 1 heure pour faire le point sur le mois passé et préparer le suivant
  • tous les trimestres : 2 heures pour voir tes réalisations du trimestre et préparer le suivant
  • 1 journée par an pour préparer l’année suivante, prendre du recul à fond et brainstormer avec soi-même
Faire moins, mais mieux !

Quand on vient de l’univers des grosses boîtes, on garde les réflexes d’un plan d’actions hyper étoffé, sauf que rappelle, toi, vous étiez 27 pour faire tout ça !

Et là, ça n’est plus le cas. Alors on se détend, on priorise et on délègue :

  • Attention à ne pas paralléliser trop de missions, d’autant qu’on a tendance à minimiser la charge de chacun d’elles
  • Sur les tâches administratives, pourquoi ne pas déléguer si on n’est pas très à l’aise sur ces sujets ?
  • Sur la prospection, on ne lance pas en même temps un podcast, une chaîne You Tube, une newsletter tout en s’engageant dans 12 réseaux différents. On limite, on teste et surtout on évalue si ça a fonctionné. Souvent, on a tendance à faire pour faire, pas vrai ? Alors, bien sûr, on a le droit de se faire plaisir, mais on ne se crame pas en faisant 10 000 actions de prospection en parallèle !

4. Le client est roi … Mais molo quand même

Quand on est freelance, on veut bien sûr satisfaire son client et que la mission se passe bien. Pour cela il est indispensable de poser un cadre.

Ce cadre, c’est le devis, la propale (=proposition commerciale) ou le contrat qui le définit. C’est bien aussi de démarrer par un point sur les modes de fonctionnement respectifs. L’occasion de rappeler à son client que vous êtes dans une relation partenaire et non subordonnée (ça sent le vécu hein ?)

Sur cette dimension de la vie de freelance aussi, ça peut faire du bien de travailler sur ses “soft skills” et plus précisément l’assertivité, ou comment je pose mes limites à mon client.

Si j’ai choisi ce statut, c’est entre autres pour la liberté que ça apporte, ce n’est donc pas pour subir les contraintes de tous mes clients quand même !

Et petit conseil bonus : Tracker son temps. On connaît les phrases du genre “tu peux me rajouter vite fait cette fonctionnalité, ou me faire un logo en plus, t’en as pour 5 minutes, hein ? “.

Ben non en fait. Et le plus simple pour éviter les quiproquos à ce sujet c’est de tracker son temps à l’aide d’une extension. Ces outils permettent (après une petite phase de rodage) de mieux évaluer le temps passé sur les différentes tâches. Apprentissage pour soi. Et au besoin, de faire un reporting hebdo ou mensuel à ses clients. Transparence = gage de confiance !

5. Un esprit sain dans un corps sain !

Alors, tu n’es pas ici sur un blog bien-être quinoa/yoga, on est bien d’accord !

Mais, on voulait quand même rappeler aux freelances l’importance de l’hygiène de vie, d’autant qu’on est souvent en télétravail et assez statique. Voilà quelques pistes pour l’améliorer, à toi de faire ton shopping en fonction de tes besoins et des bobos constatés !

  1. Bouge ton boule ! On n’a pas trouvé plus clair. Marcher, faire du vélo. On est statique toute la journée pas vrai ? Alors, sans devenir un champion d’aviron, tu peux quand même t’obliger à aller prendre l’air un minimum tous les jours et te faire au moins une session/semaine de sport par exemple (la marche à pied ça compte).
  2. Aménage ton poste de travail. Les écrans et à nouveau la posture statique, c’est pas ouf-ouf pour nos petits bodys. Pourquoi pas un deuxième écran, un socle pour ton PC, des filtres contre la lumière bleue … À toi de voir en fonction des observations (douleurs, migraines …)
  3. Ya pas que le boulot dans la vie, il y a …. à toi de compléter ! La musique, la danse, l’engagement bénévole dans une asso. Pourquoi pas se mettre un objectif hors-professionnel de réalisation qui permet de s’aérer la tête, rencontrer du monde et nourrir sa créativité ?
  4. Kikou, ça farte ? Clairement, ce qui est génial dans la vie de freelance, c’est qu’on ne subit plus les conversations creuses et interminables devant la machine à café. Mais attention à ne pas virer “ours en hibernation” ! Soigner sa vie sociale, c’est important pour sa santé mentale. Si tu n’as pas vu d’humains depuis une semaine et que ça ne te ressemble pas, ,il faut peut-être faire quelque chose ? On fait un tour au café en bas de chez soi ou on propose à un autre copain freelance un dej par exemple.
  5. Qui dort dîne. En vrai, je n’ai jamais compris cette expression. Mais je trouvais qu’elle résumait bien un dernier point important sur l’hygiène de vie. Le repos et l’alimentation. Sur le sommeil, on ne va pas s’étendre sur l’importance d’un sommeil de qualité. Et côté vacances, la clé c’est quand même d’anticiper. Si tu ne le fais pas, tu auras toujours 10 000 raisons côté client pour ne pas en prendre. Or, c’est bon pour toi et tes missions. On fera bientôt un article d’ailleurs sur le nomadisme responsable pour les freelances. Pour ce qui est du repas, deux conseils, au choix, à partager aux freelances qui bossent de chez eux :
  • Cuisiner un peu. C’est sympa, ça permet souvent de manger un peu plus équilibré et ça permet de limiter l’empreinte écologique vs la livraison du bon vieux Domac
  • Déjeuner avec des gens. L’occasion de faire du co-dev, de passer un bon moment, sans écran.

6. La déconnexion.

Pourquoi pas instaurer de vraies plages horaire sans PC/Tablette/téléphone/TV qu’on troque contre une ballade, un coup de fil à sa mamie, une BD, un podcast.

7. Family Portrait.

Dernier point et non des moindres, la famille, pour celles et ceux qui ont des bambins. Le freelance bénéficie d’une certaine flexibilité pour profiter de ses kids quand il le veut et quand il le peut. Attention à ne pas se transformer en variable d’ajustement en cas de grippe, pour emmener la grande à son cours judo, le petit à l’ortho, anticiper les vacances etc … Bien sensibiliser son +1 sur ce point … Et ce message s’adresse particulièrement aux femmes solopreneuse, hien ? On est des boss ou on n’est pas des boss ? Bon, alors chacun sa part, toi t’as une boîte à faire tourner !

Voilà voilà ! Gros sujet l’écologie de soi, pas vrai ? Et on n’a sûrement pas réussi à être exhaustif, alors si tu as une idée pour compléter ce vaste sujet, ajoute-là en commentaire.

Et dernier conseil sur ce point : on avance à petit pas. On teste des outils, on se met des créneaux dans l’agenda, des podcasts à écouter dans sa playlist … Bref, tout cela ne doit pas rester un vœu pieux !

Pour compléter cet article, tu peux aussi consulter notre vidéo sur notre chaîne YouTube dédiée à l’écologie de soi.

Prenez soin de vous les freelances for good, le monde a besoin de vous ! Et pour le faire en collectif, rejoins notre communauté par ici !

Homme souriant avec un casque rouge devant un ordinateur portable

Se protéger pour se concentrer sur l’essentiel

Pour prendre soin du monde, il faut aussi prendre soin de soi. À toi freelance, as-tu fait le point sur tes solutions de protection pour avoir l’esprit libre et te consacrer à l’essentiel, ton activité ? RC Pro, service juridique, découvre les services de la MAIF dédiés aux indépendant·es.

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