L’écoféminisme, une approche globale

Cécile Perio

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Tryo chante «Assieds-toi près d’un vieux chêne et compare-le à la race humaine ». Pour Dani Laanatza, c’est pareil.

L’écoféminisme prend en compte toutes formes de vie sur la planète.

Nous avons eu la chance de bénéficier de ses lumières sur l’écoféminisme lors d’une masterclass à destination des membres du collectif Social Declik. Car oui, quand on est engagé·e, il est indispensable d’aiguiser sa compréhension des enjeux de notre monde et du vivant. Dans cette dynamique, l’écoféminisme nous semblait être un univers à explorer.

Dani décrit son activité comme du coaching politique. Elle accompagne depuis 7 ans les pros et les collectifs dans des projets en cohérence avec leurs valeurs. Son crédo : le féminisme et l’inclusion. Elle collabore notamment avec Thomas Burbidge.

Dani te propose une vision globale de l’écoféminisme. Elle t’offre des clés pour repartir avec du concret et des prises de conscience.

Une femme qui sourit cachée derrière du feuillage

Qu’est-ce que c’est, l’écoféminisme ?

L’écoféminisme, c’est le mouvement qui parle d’écologie et de féminisme. Ce n’est pas facile de donner une définition précise parce qu’il y a une grande diversité au sein du mouvement. Cette diversité amène certaines polémiques dans les différents courants.

Le mouvement considère que la destruction de l’environnement et l’oppression des femmes ont la même cause. On ne peut pas régler l’un sans s’occuper de l’autre.

L’écoféminisme, c’est donc la convergence des causes en prenant le problème à la racine : la domination en tant que telle.

Dani parle de lutte intersectionnelle, qui s’intéresse à la manière dont les différentes formes d’oppression s’articulent et se renforcent mutuellement.

Les 3 principales caractéristiques de l’écoféminisme

Voici 3 éléments qui définissent l’écoféminisme.

1. Le changement

Pour Dani, l’intime est politique. Le concept est simple : pas de changement extérieur possible sans un changement de l’intérieur. Autrement dit, un travail psychologique est nécessaire pour opérer des changements politiques.

2. Un mouvement coloré

L’écoféminisme met en avant les performances artistiques, l’expression des émotions à travers une créativité débordante. Dani nous rappelle la citation d’Emma Goldman, « Si je ne peux pas danser à la révolution, je n’irai pas à la révolution ».

3. Le refus de toute forme de domination entre humains et entre espèces.

L’écoféminisme élargit la notion de communauté, pas seulement à l’humain mais à l’ensemble du vivant (Animaux, plantes). L’idée, c’est de sortir des structures pyramidales pour favoriser les fonctionnements circulaires. C’est cette vision qui casse la barrière entre l’humain et l’environnement.

Dani s’intéresse à ce qui unifie le mouvement, né dans les années 70. Elle précise qu’on peut être écolo, féministe sans être forcément écoféministe.

3 approches de l’écoféminisme à la loupe

Les notions de culture et de nature sont très fortes dans notre société. Il est difficile de sortir de cette binarité, très ancrée dans la culture occidentale. Les approches sont presque aussi nombreuses qu’il y a d’individus. En voici 3.

1. Une approche empirique

Les changements climatiques touchent en premier les minorités, dont les femmes. Par exemple, en cas de catastrophe naturelle, les risques économiques sont plus élevés pour une femme que pour un homme. Un slogan féministe précise même, « Premières impactées, premières engagées ».

2. Une approche systémique

C’est le capitalisme patriarcal. Ce sont les mêmes raisonnements qui entraînent des rapports de force avec la nature, comme avec les minorités, pour justifier sa domination. On ne peut pas régler un problème sans en régler un autre. C’est important de transformer l’ensemble du système.

3. Les liens symboliques

C’est l’approche qui divise le plus. L’affirmation selon laquelle il y a un lien inconscient entre la femme et la nature. Qui doit donc être maitrisé par l’homme. Notre manière de sociabiliser reprend ce rapport de force.

Il est important de revaloriser ce qui est associé au féminin : la capacité d’être en lien avec le vivant, avec son corps, prendre soin de soi et des autres. La réappropriation est une étape importante. Par exemple, les sorcières, un terme négatif qui est revalorisé maintenant.

Il y a des divisions au sein de l’écoféminisme, des pensées différentes avec une opposition entre le féminisme essentialiste et le féminisme matérialiste. Le premier revendique une féminité qui serait de nature, avec pour extrême la transphobie. Le second considère que nos comportements sont liés à un conditionnement. L’avantage, c’est qu’on peut se déconstruire.

2 exercices à mettre en place pour se déconstruire et passer à l’action

Selon Dani, il est important de travailler sur ses croyances et de prendre conscience de ses privilèges pour se déconstruire. Elle t’invite à concrétiser ton engagement avec un premier pas que tu peux faire à ton échelle.

1. Action individuelle : se déconstruire pour mieux s’engager

Ce premier exercice te permet de te situer par rapport à la notion de privilège, selon les aspects suivants :

  • Le genre.
  • L’orientation sexuelle.
  • Le bagage culturel.
  • La situation dans l’espace.
  • La racisation.
  • La santé.
  • L’apparence.

Ta couleur de peau, ton lieu de vie, ton environnement familial, tes origines, ton statut, ton quotidien : autant d’éléments qui peuvent être des privilèges, ou l’inverse.

Pour chaque critère, demande-toi si tu es opprimé·e, oppresseur·se ou allié·e. C’est important d’en prendre conscience pour entamer un processus de déconstruction. Tu ne peux pas être neutre face à ces privilèges. Ne pas te positionner, c’est être dans l’oppression car tu reproduis l’inconscient collectif.

2. Action collective : passer à l’action

Autre exercice, quelle est la cause qui te touche le plus ? C’est important de préciser le plus possible. Pourquoi cette cause ou plusieurs causes te touchent ? Souvent, c’est parce que tu es toi-même concerné·e.

Une fois que tu as identifié cette cause, comment tu peux y contribuer à travers ton activité ou dans ton quotidien ? Pareil, essaie d’être dans la précision et pose une action concrète dans ton agenda.

Dani conseille de commencer par un travail individuel pour mieux agir au niveau collectif. Elle rappelle que tu ne peux pas contribuer à tout. L’engagement demande du temps et de l’énergie. Concentre-toi sur une cause qui te touche pour mieux agir.

L’écoféminisme t’invite à considérer le vivant dans sa globalité.

Même si chaque lutte peut paraître différente, elles ont souvent la même cause et des conséquences sur les minorités. Quelles actions peux-tu mettre en place dès maintenant ?

Toi aussi tu as envie d’approfondir ta connaissance des enjeux climatiques et sociaux pour faire évoluer tes habitudes dans une communauté joyeuse et bienveillante de freelances for good, postule ici pour nous rejoindre !

Lors de son intervention, Dani nous partage 3 lectures :

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