À la rencontre de Guillaume Lagente, Freelance en Communication digitale au service de l’impact

Alicia D'huvé

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Jusqu’ici, on vous a souvent partagé des témoignages de personnes qui ont découvert les enjeux écologiques et sociaux au cours de leur carrière et qui ont ensuite, décidé de mettre du sens et de l’impact dans leur travail en optant pour le freelancing.

Guillaume, c’est différent. Ses premiers pas dans la vie professionnelle, il les a faits dans l’économie sociale et solidaire. Sa transition, elle s’est faite du salariat vers le freelancing.

On vous propose de découvrir aujourd’hui, son portrait, son parcours et ses aspirations pour la suite.

Photo de Guillaume Lagente sur applat de couleur avec son nom et son titre : Communication digitale au service de l'impact

Hello Guillaume, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis freelance en communication digitale et Freelance For Good.

Quand et comment es-tu tombé dans le monde de l’impact ?

J’ai toujours été dans le secteur de l’impact dès mes études, dès la licence puis le master. J’étais en contrat d’apprentissage dans une structure publique qui travaillait dans le secteur de l’environnement. 

Par la suite, j’ai voulu poursuivre mon parcours dans l’intérêt général, j’ai donc travaillé dans une grande association humanitaire, puis une petite association plus militante, puis dans le secteur public… Bref, je n’ai jamais vraiment quitté ce monde de l’impact. 

Et au moment où j’ai eu envie de quitter le monde du salariat, c’est naturellement que j’ai voulu garder ce positionnement et cette spécificité car c’était en moi, c’était mes valeurs et c’est ce que je voulais défendre dans mon travail.

Est-ce qu’il y a une cause qui te tient particulièrement à cœur ?

La cause environnementale a pris beaucoup de place ces dernières années pour des raisons assez évidentes liées au changement climatique. Globalement, je suis assez sensible aux causes sociales et sociétales car les différentes crises et les différents enjeux sont tous liés et donc les traiter séparément n’a pas de sens.

Pourquoi avoir décidé de quitter le salariat pour le freelancing ?

Le saut du salariat au freelancing s’est fait progressivement. C’est une idée qui a mûri au fur et à mesure où je me retrouvais parfois confronté à des freins sur le plan managérial ou sur la structure. Moi, je suis un peu un cheval fou, je remets beaucoup les choses en question, j’ai envie de me réapproprier les stratégies et les modes de gestion. 

On m’a souvent dit que j’étais force de propositions mais parfois je suis un peu trop. C’était frustrant pour tout le monde et moi le premier car je me retrouvais à travailler dans des modes d’organisation ou de management qui ne me convenaient pas. TA chque fois, je n’y trouvais plus mon compte au bout d’un moment et j’avais l’impression d’être allé au bout de ce que je pouvais faire pour transformer l’organisation ou du moins le périmètre de travail. 

Le freelancing s’est imposé comme ça, c’était vraiment ce désir de liberté, d’avoir totalement la main sur ce que je faisais et comment je m’organiserai et prioriserai les choses.

Est-ce que tu as eu des craintes au moment de te lancer ?

J’ai commencé à envisager de me mettre en indépendant en 2020/2021 et je n’ai vraiment franchi le pas qu’en mars 2023. Effectivement, j’ai pris le temps de réfléchir à mon projet, de formaliser un business plan. 

Une des craintes principales c’était la solitude. Je savais déjà que je voulais travailler dans l’impact mais il me semblait que le freelancing dans l’impact ça n’existait pas. Je m’étais dit “ Qui fait ça ? ”.

Alors que plein de gens font ça, et ça, je l’ai découvert à travers Social Declik. 

La grosse crainte que j’avais au moment de me lancer c’était l’instabilité financière, que tout repose sur mes épaules. C’est un sacré pas à franchir mais je ne regrette pas de l’avoir fait.

Qu’as-tu mis en place au moment de te lancer ?

Quand je me suis lancé en freelancing, un autre événement important est arrivé dans ma vie qui, celui de la naissance de ma fille. C’est ce qui m’a donné l’opportunité de quitter le salariat pour être présent dans ce moment. 

La première chose que j’ai faite c’est de réfléchir à ce que je voulais proposer en tant que freelance. J’ai donc commencé à faire une trame de business plan et à réfléchir à des offres. Puis, très vite je me suis mis en quête de « semblables », c’est très humain je pense. 

Au démarrage, j’étais vraiment en mode benchmark, je regardais un peu les indépendants et je suis tombé sur le profil LinkedIn d’une fille qui était à Bordeaux et je vois sur son profil qu’elle est membre du réseau social Declik, le mouvement des freelances engagés et je me suis dit, “il y a donc une communauté de gens comme moi”. Et j’ai tiré le fil et je suis tombé sur les profils de Coline et Charlotte. j’ai ensuite eu un échange avec Charlotte et après, ça s’est fait assez vite, puisque j’ai intégré la promo du Programme Freelance For Good en janvier 2023.

Quelles étaient tes attentes en rejoignant le programme Freelance For Good ?

Je cherchais avant tout d’autres freelances dans la même dynamique que moi. J’avais ce besoin de ne pas me sentir seul sur mon petit bateau. Et je voulais aussi avoir un regard extérieur sur ce que j’avais déjà commencé à construire de mon côté en termes d’offre et de réflexion sur mon positionnement et mon ciblage. 

J’avais conscience que même si j’avais une expérience dans le secteur associatif, je n’avais pas forcément une fine connaissance de l’Economie Sociale et Solidaire. 

Le programme m’a apporté tout ça et puis ce qui n’était pas forcément une attente à la base mais ça m’a permis d’avoir une vraie réflexion sur moi. On nous a fait travailler sur la notion du Pourquoi, sur ce qui nous motive et nous anime pour pouvoir en tirer un positionnement et derrière des offres. C’est une étape que j’avais zappée dans mon travail.

Après le programme, tu as rejoint la communauté. Pourquoi ?

Il se trouve que pendant le programme il y a eu des atomes crochus vraiment forts avec les personnes qui étaient dans la même promo que moi. On s’est rendu compte qu’on n’était pas là par hasard qu’on partageait vraiment des choses au-delà des aspects professionnels. Ça m’a vraiment donné envie de garder contacts avec ces personnes.

En intégrant la communauté j’ai aussi des contacts avec d’autres Declikers qui ne sont pas forcément de la promo du programme que j’ai faite. 

En plus, la communauté est animée aussi en local, dans les régions. Moi qui suis en région Île-De-France, j’ai accès à des événements et à des expériences sur Paris. On fait régulièrement des coworkings ensemble. AUtre exemple, on a fait une fresque des nouveaux récits dans un lieu magnifique à quelques kilomètres de chez moi. 

Là je parle des événements en présentiel mais ce ne sont pas les plus nombreux. On est connectés tous les jours à travers Slack, on a donc la possibilité d’échanger dès qu’on a besoin d’un coup de main ou on peut répondre à des appels d’offres en équipe. C’est extrêmement riche en termes de contenus et d’interactions. 

C’est une sorte de rampe à laquelle on peut s’accrocher en montant l’escalier.

Et au niveau des opportunités Business ?

Je me suis investi dans la construction de la Declik Academy, c’est un organisme de formation intégré à Social Declik. Je donnais déjà des cours à l’université et j’avais cette envie de développer une activité dans la formation professionnelle.

J’ai eu l’opportunité de faire une première formation via la Declik Academie avec Social Declik, sur le sujet des réseaux sociaux pour une structure dans l’accompagnement social, médico-social et de l’aide à la personne.

Aujourd’hui, c’est quoi ton quotidien de Freelance For Good ?

Ça va faire un an dans 15 jours que je suis Freelance For Good. J’ai eu assez rapidement des clients dans l’impact car j’avais déjà un réseau existant notamment via mon parcours dans le milieu associatif. 

J’ai fait un peu de prospection aussi localement autour de chez moi et ça a assez bien fonctionné. Ca m’a amené deux, trois clients et puis en fin d’année j’ai eu une grosse mission avec un client qui n’est pas n’importe quel client puisque c’est l’entreprise qui m’a accueilli en tant qu’apprenti il y a 10 ans, c’est l’entreprise avec laquelle j’ai fait mes débuts dans la communication. 

Durant cette première année j’ai testé pas mal de choses. j’étais assez polyvalent en communication digitale, je faisais du social media, de la gestion de site web, du référencement. Au démarrage, j’ai ouvert le champ des possibles et j’ai proposé un peu de tout aussi pour tester ce qui fonctionne et fonctionne moins, ce qui me plaît et ce qui me plaît moins. 

Au bout d’un an j’arrive à un moment où j’ai besoin de me recentrer. J’ai pris du recul sur ce que je propose et sur et mes domaines d’expertise pour essayer de construire plus de cohérence dans mon offre et maximiser la récurrence de mes revenus.

Une des difficultés dans ma vie de freelance c’est d’alterner les missions qui rapportent pas mal de revenus et les mois un peu plus creux. Évidemment je n’y ai pas échappé cette première année. L’objectif c’est de remettre un peu de stabilité dans tout ça. 

J’aimerais beaucoup creuser deux aspects qui me tiennent particulièrement à cœur, notamment la formation et l’intelligence collective. J’ai été formé il y a quelques années à l’intelligence collective, je suis persuadé que c’est une des clés aujourd’hui pour transformer nos sociétés, travailler ensemble et réfléchir de façon globale. J’ai vraiment envie de m’y investir par exemple via les fresques qui sont des outils pédagogiques et ludiques formidables que ce soit pour de la prise de conscience ou pour de la mise en action. 

Donc pourquoi pas devenir fresqueur mais pour l’instant je réfléchis à d’autres formats et d’autres possibilités d’être un acteur de cette intelligence collective mobilisée au service de l’impact.

Est-ce que tu es satisfait de ta vie de Freelance For Good ?

Je pense que globalement je m’en suis assez bien sorti et je n’ai pas l’impression qu’il y ait eu trop de chevauchements entre ma vie pro et ma vie perso. En tout cas je n’ai pas l’impression que l’un ait pris le pas sur l’autre et qu’il y ait eu trop d’impact à ce niveau-là. Je tiens le bon bout et l’idée c’est de garder cette organisation.

Et sinon, un objectif perso pour 2024 ?

Ce serait de reprendre la photographie. Je fais de la photographie en amateur depuis quelques années et j’ai un peu mis ça de côté ces 2/3 dernières années. C’est une activité que j’aimerais bien reprendre et pourquoi pas la professionnaliser un jour.

Quel serait TON conseil pour une personne qui veut devenir Freelance For Good ?

Avant de te lancer en tant que freelance, je te conseille de parler à d’autres freelances. C’est ce que j’ai fait et ça m’a beaucoup apporté ne serait-ce que pour avoir des idées et pour te rassurer sur certains blocages ou des peurs.

Je n’ai pas échangé avec énormément de freelances peut-être 3 ou 4 avant d’intégrer le programme Social Declik mais chacun des témoignages que j’ai reçus m’a vraiment beaucoup apporté. 

Et un deuxième conseil c’est de bien définir son positionnement, sa cible et son offre. 

C’est l’erreur que j’ai faite la première année : Cibler trop large et avoir une offre pas assez définie. Il est important de bien cadrer son discours son positionnement, avoir une offre claire et précise c’est une des clés pour bien se lancer et réussir.

Découvre l’interview vidéo de guillaume sur notre chaîne YouTube.

Et si à ton tour, tu veux démarrer ta transition pour devenir Freelance For Good, découvre notre programme collectif et en ligne.

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