Episode 4 – Le premier pas pour trouver des missions à impact

Alicia D'huvé

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J’aimerais mettre du sens dans mes missions mais les structures engagées n’ont pas d’argent et pas besoin de mes compétences numériques ! FAUX

Une des premiers freins pour atteindre un objectif est de se dire que ce n’est pas possible. Et quand il s’agit de devenir Freelance For Good, les 2 fausses croyances que nous entendons le plus sont :

  • Les structures de l’impact n’ont pas de budget pour prendre des freelances
  • Les structures de l’impact n’ont pas besoin de mes compétences

Et ben c’est faux, faux, faux et faux!

On t’explique tout ça dans cet épisode en donnant un gros KICK à ces fausses croyances. Pour cela, on te partage nos convictions construites à partir des nombreux échanges avec des freelances et des structures de l’économie sociale et solidaire. Ensuite, vous découvrirez des témoignages croisés. D’un côté, deux freelances engagés, Alexis et Xavier. De l’autre, le regard d’une structure à impact sur le freelancing, avec Laurent Fialon, Directeur Délégué de l’association

Probonolab, qui nous explique les bénéfices qu’il trouve dans les collaborations régulières avec des indépendants. Et enfin, 3 actions à mettre en place dès maintenant et des ressources pour aller plus loin !

Les liens de notre rubrique Ressources pour aller plus loin :

Episode 4 - Le premier pas pour trouver des missions à impact.

Coline : Salut Charlotte, ça va ? 

Charlotte : Hello Coline, très bien. Et toi ? 

Coline : Bah ouais écoute. On est déjà au 4ème épisode, ça passe trop vite !

Charlotte : C’est clair, ça passe vite. Encore 6 pour cette première série trop chouette !

Coline : Pour ce 4ᵉ épisode, on voulait justement entrer dans une phase d’aide à l’action. On voulait vous parler des premiers pas pour trouver concrètement des missions à impact quand on est freelance.

Pour vous raconter la petite histoire, au tout début de la création de Social Declik, j’ai discuté avec Xavier, un ami à moi qui est développeur en tant que freelance. Il me disait : « Moi, j’ai vraiment envie de travailler pour le secteur de l’impact, mais je ne sais pas si c’est possible. Je ne sais pas s’ils ont des budgets, je ne connais personne qui le fait, du coup je suis perdu. Je ne sais même pas si c’est possible ». C’est intéressant parce que c’est vraiment ça qui nous a aussi donné envie de lancer Social Declik, parce qu’on s’est rendu compte qu’un des plus grands freins pour se lancer est de se dire que ce n’est pas possible.

Dans cet épisode, on a envie de vous partager ce qui, selon nous, est le premier pas pour se lancer en tant que freelance for good. C’est de s’affranchir des fausses croyances. La première fausse croyance qu’on a identifiée, c’est de croire que le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) et de l’impact n’ont pas de budget. Effectivement, l’argent est un sujet important quand il s’agit de travailler et de trouver des missions. On peut se dire que si on travaille dans le secteur de l’ESS ou de l’impact, il n’y a pas de budget. Eh bien, c’est faux ! Il y a du budget, et il est possible de trouver des missions uniquement dans le secteur de l’ESS et de gagner sa vie.

D’ailleurs, on a fait un épisode dédié à ce sujet. C’est le premier épisode de notre série, parce qu’on pense que c’est vraiment important de s’affranchir de cette idée. Donc, on vous invite à regarder cet épisode : Freelance engagé, fauché comme les blés ?

C’est possible de gagner de l’argent, de vivre, et d’avoir une certaine stabilité financière dans le secteur de l’ESS. En revanche, on ne veut pas vous promettre que c’est le nouveau filon génial pour gagner un max d’argent. Ce n’est pas forcément si facile. Dans le secteur de l’ESS, les budgets sont extrêmement disparates. Cela dépend des structures, des subventions et du moment. Parfois, il y a des budgets pour certaines missions, et parfois, il n’y en a pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a des budgets, mais ils sont utilisés avec plus de parcimonie et souvent à bon escient. Il y aura donc un peu moins d’argent qui coule à flot. L’avantage, c’est que toi, en tant que freelance, tu es aussi plus flexible dans ta collaboration. Donc, même si le budget n’est pas forcément illimité, tu peux adapter ta collaboration et ton devis en réduisant le nombre de jours. Attention ! Pas en baissant ton TJM, mais en adaptant ta mission et ta prestation pour rentrer dans le budget de la structure. L’avantage aussi, c’est que tu peux avoir plusieurs missions en parallèle et donc t’y retrouver à la fin du mois tout en étant abordable pour la structure. Pour terminer sur cette première idée, il est important de trouver un tarif acceptable pour toi et abordable pour la structure.

Voilà, on voulait vous affranchir de cette première fausse croyance.

C’est possible de gagner sa vie en tant que freelance engagé, sans retourner vivre chez sa mère. On en avait déjà parlé dans le premier épisode.

Charlotte : La deuxième fausse croyance, la croyance limitante qu’on entend beaucoup et qu’on continue à entendre, c’est que le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire n’a pas besoin de mes compétences. Et ça, on l’entend de la part de freelance ou d’aspirants freelance, quel que soit le métier.

Ça peut être des gens qui ont des profils techniques, comme des développeurs ou des no codeurs, des communicants ou même des profils plus généralistes, comme des chefs de projet. La bonne nouvelle, et nos trois ans d’expérience avec Social Declik le prouvent, c’est faux. Le secteur de l’économie sociale et solidaire a plus que jamais besoin de ces compétences-là, qui sont finalement complémentaires aux compétences qu’ils ont souvent déjà en interne. C’est-à-dire des compétences très expertes. Dans ces structures, il y a vraiment des sachants en général sur la cause pour laquelle ils œuvrent. Par exemple, une association qui œuvre sur le sujet de la justice sociale aura beaucoup de sachants sur ce sujet-là. Ils connaîtront très bien leurs bénéficiaires et sauront comment opérer. Mais sur des sujets de visibilité, de notoriété, d’évangélisation du grand public, il n’y a pas toujours énormément de sachants, ou même s’il y en a, il n’y en a pas forcément beaucoup. Ces structures auront donc besoin de compétences complémentaires et additionnelles à celles de leurs salariés pour se professionnaliser et s’améliorer sur ces sujets.

Prenons l’exemple de la tech. Nous vous invitons à consulter une étude de Solidatech. Ils ont une étude qu’ils réalisent tous les trois ans, intitulée « La place du numérique dans le projet associatif ». Dans cette étude, on voit bien que les associations éprouvent des difficultés avec leur stratégie numérique. En l’occurrence, 76 % d’entre elles rencontrent ces difficultés. Cela signifie qu’elles auront besoin de professionnels qui savent construire des parcours digitaux, définir des expériences enthousiasmantes pour les mécènes, pour ceux qui veulent faire des dons, pour les bénévoles bien sûr, et parfois pour les bénéficiaires. Elles pourraient donc potentiellement avoir besoin de toi.

Pour rappel, en France, l’économie sociale et solidaire représente 2,6 millions de salariés. C’est énorme, et cela représente 13,6 % des emplois en France. Dans ces métiers, il n’y a pas que des responsables de la RSE. Il n’est pas nécessaire d’avoir un master ou un doctorat en RSE, ou même en développement durable, pour accompagner ces structures. Bien sûr, il est préférable d’avoir une compréhension des enjeux écologiques et sociaux, et de nourrir cette compréhension au travers de lectures, en participant à des fresques du numérique ou du climat. Cependant, il n’est pas nécessaire d’être un expert RSE ou un expert des causes telles que la justice sociale, l’éducation ou la santé pour proposer tes compétences en développement web, en communication ou en gestion de projet.

À ce sujet, tu peux écouter l’épisode 2 : « Doit-on avoir lu tous les rapports du GIEC pour travailler dans l’impact ? » où nous explorons cette croyance qu’il faut absolument maîtriser très bien les enjeux écologiques et sociaux, voire être diplômé dans ce domaine.

Voilà, avec Coline, nous venons de vous présenter les deux croyances limitantes.

La première : l’ESS, l’économie sociale et solidaire, n’a pas d’argent, n’a pas de budget. La deuxième : l’économie sociale et solidaire n’a pas besoin de mes compétences.

Le mieux pour mettre un gros coup à ces croyances limitantes, c’est d’écouter nos témoignages.

Témoignage de Laurent Fialon, directeur général de Probono Lab

Laurent Fialon : Bonjour, je suis Laurent Fialon, directeur général délégué de Probono Lab, une association qui intervient depuis plus de 12 ans dans la démocratisation du partage de compétences en matière de mécénat et de bénévolat de compétences en France et à l’international.

Effectivement, nous avons eu recours à plusieurs reprises à des freelances ces dernières années pour différents projets.

La manière dont nous avons envisagé de faire appel à des freelances n’a pas été forcément naturelle au départ. C’est quelque chose qui est venu progressivement, par étapes. Nous avons eu une première expérience il y a quelques années autour de notre transformation digitale. Cette expérience avait été à la fois marquante et hyper enrichissante pour notre organisation, car c’était vraiment une des premières fois où nous fonctionnions en équipe élargie. Nous avons pensé aux besoins que nous avions en termes de compétences et avons fait abstraction de la modalité de collaboration, sortant du schéma classique du salariat pour intégrer des compétences via des bénévoles, des personnes en mécénat de compétences ou des freelances.

Cette première expérience a été hyper importante, à la fois pour monter en compétences sur la transformation digitale et en termes de pratique de collaboration avec des freelances.

Cela s’est concrétisé une deuxième fois avec un gros projet pour accompagner l’engagement d’étudiants au sein d’une école. Le défi était d’engager plus de 800 étudiants sur une journée, sur deux campus différents. Nous avions clairement besoin d’être outillés, d’avoir une application pour gérer l’ensemble des défis et challenges proposés aux étudiants pendant cette journée. Nous avons fait appel à des freelances, en passant par Social Declik pour être mis en relation avec les bonnes compétences et des freelances ayant une appétence ou une connaissance du monde associatif. Cette collaboration a extrêmement bien marché. Elle nous a permis de développer rapidement un outil en no-code, ce qui a également permis à notre équipe de monter en compétences sur ces outils et de réaliser que c’était possible.

Pour le monde associatif, savoir qu’il existe des solutions accessibles et pouvoir faire appel à des experts et freelances pour trouver des solutions efficaces, à des coûts abordables et rapidement mises en œuvre, est très précieux. Cette collaboration nous a permis de répondre à notre besoin de développer une application qui a remporté un franc succès et a parfaitement rempli son rôle le jour J. Si bien que nous rempilons cette année pour une deuxième édition.

Coline: Voilà donc le témoignage de Laurent, pour expliquer son processus sur ce qui l’a amené à prendre un freelance.

Témoignage d’Alexis, freelance en communication digitale

Coline :  Le 2ème témoignage qu’on voulait vous partager, c’est celui d’Alexis. Vous l’avez peut-être déjà entendu dans un précédent épisode sur la communication digitale. Et lui, il met ses compétences de communiquant uniquement au profit du secteur de l’ESS. 

Alexis: Salut Coline. Effectivement, la majorité de mes missions aujourd’hui sont dans l’impact. C’est un choix que j’ai fait délibérément quand je me suis lancé en freelance en 2020. Mon objectif était de travailler avec des structures engagées, soit dans l’impact social, soit dans l’impact environnemental, dans les enjeux liés à l’éducation ou à la santé, et au monde de l’ESS en général. C’était très important pour moi, car cela me permettait d’aligner mes convictions personnelles avec mon activité professionnelle.

À ce titre, j’ai fait le bilan de mon année 2022 : 85 % des missions que j’ai eues et de mon chiffre d’affaires proviennent de clients à impact. Donc, c’est très positif. Aujourd’hui, les 15 % restants sont des projets liés à ma famille et à mes proches. Mais mon objectif à terme est de tendre vers 100 % de missions à impact.

Charlotte : Donc voilà le témoignage d’Alexis, qui met ses compétences pour le secteur de l’économie sociale et solidaire. 

Témoignage de Xavier, développer full Stack

Charlotte : Et le 3ème témoignage, c’est celui de Xavier, développeur full stack. Ce fameux Xavier avec qui j’ai parlé au tout début de social déclic.

Xavier : Alors aujourd’hui, j’ai maintenant un bon réseau. Donc j’arrive à avoir des missions quasiment à temps complet. Ce qui fait que j’ai un niveau de vie qui est quasiment équivalent à celui que j’avais avant en CDI en finance. 

Charlotte : Par ce témoignage, Xavier nous montre qu’en travaillant uniquement dans le secteur de l’ESS, il gagne autant que dans son précédent secteur. Donc c’est totalement possible de vivre de son activité et d’utiliser ses compétences pour des acteurs à impact positif. 

Nos 3 actions à mettre en place

Coline : Pour vous faire passer à l’action, maintenant qu’on vous a montré qu’il est possible de vous affranchir des fausses croyances, nous vous proposons trois actions à mettre en place. On aime bien toujours le petit passage à l’action avec Charlotte.

La première action, ce n’est pas forcément une surprise, on l’a pas mal rabâché, mais c’est de vous dire que c’est possible. Prenez deux post-it, mettez-les en haut de votre bureau et inscrivez : « C’est possible d’avoir de l’impact en tant que freelance engagé ».

La deuxième action, pourquoi ne pas tester un peu de mécénat ou de bénévolat pour justement vous rendre compte que vos compétences peuvent vraiment être utiles et aider des structures de l’ESS ? Pour cela, nous vous invitons à vous rapprocher de ProbonoLab. Laurent Fialon en a un peu parlé pendant son témoignage. Cela peut être sous forme de mentoring d’une heure ou de missions de bénévolat de quelques jours pour tester. Attention à ne pas faire uniquement cela en tant que freelance, mais pour tester, cela peut être intéressant de faire quelques missions de bénévolat.

La troisième action, c’est de découvrir l’économie sociale et solidaire. Pour cela, vous pouvez aller sur le site de l’Avise. Il y a beaucoup d’informations sur le sujet, sur l’histoire de l’économie sociale et solidaire et sur l’employabilité. Vous pouvez aussi visiter le site du Labo de l’ESS, où ils réalisent pas mal d’études sur ces sujets.

Nos ressources pour vous inspirer et aller plus loin

Charlotte : En complément des actions que vient de vous suggérer Coline, nous aimons aussi partager des ressources pour vous inspirer et aller plus loin.

Première ressource : nous vous invitons à aller sur notre site, sur la homepage de socialdeclic.com. Vous y trouverez notre Starter Pack, un petit document PDF rempli de conseils pour se lancer dans le secteur de l’impact positif et décrocher sa première mission. Allez-y et téléchargez-le. Cela vous aidera très certainement à avoir quelques conseils d’action supplémentaires, en plus de ceux que Coline vient de vous suggérer.

Deuxième ressource : si vous ne l’avez pas encore fait, nous vous invitons à écouter les épisodes 1 et 2 de notre podcast. Chacun de ces épisodes explore en profondeur une de ces croyances limitantes, avec d’autres témoignages et des conseils de Coline et moi pour les dépasser. Allez-y, cela viendra en complément de ce que vous venez d’écouter.

Enfin, pour ceux parmi vous qui travaillent dans la tech, que ce soit en développement, en communication ou en marketing digital, nous vous invitons vivement à aller sur le site de Solidatech et à consulter l’étude dont nous avons parlé, intitulée « La place du numérique dans le projet associatif ». Vous y trouverez des chiffres très concrets qui vous prouveront que les structures à impact et les associations ont besoin de vos compétences.

Coline : Tu as toujours des doutes sur ces fausses croyances ou tu penses qu’on a suffisamment mis un gros kick ? 

Charlotte : J’espère que ceux qui nous écoutent ont mis un gros coup à ces fausses croyances et passeront à l’action avec les petites suggestions que tu leur as faites. À mon avis, ça motive à bloc et donne envie de se rapprocher du secteur de l’ESS pour dépasser ses croyances limitantes.

Coline : Et d’ailleurs, si toi qui nous écoutes, tu as des questions, des doutes ou des interrogations, n’hésite pas à nous contacter. Charlotte et moi adorons discuter, partager, échanger, nous nourrir de vos réflexions et vous donner des conseils. Donc, n’hésitez pas à nous contacter via LinkedIn, nous serons ravies de vous répondre.

Coline : On vous souhaite à tous et toutes une belle journée et on se retrouve bientôt pour un prochain épisode. 

Charlotte : Belle journée tout le monde, à très bientôt pour l’épisode 5. 

Fin : On espère que tu repars avec des bonnes ondes et l’envie d’agir. Et nous on revient rapidement pour un nouvel épisode. 

N’hésite pas à t’abonner et à nous recommander à tes amis freelance pour continuer à se serrer les coudes. Et n’oublie pas, tu n’es pas seul. Le mouvement freelance for good est en marche.

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