C’est quoi les low tech ?

Charlotte

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Qu’est-ce qui se cache derrière le concept des low tech ? un PC en rondins de bois ? une tiny house totalement autonome ?

Pour ne pas rester dans le flou, nous avons investigué en faisant l’acquisition d’un livre de référence sur la question.

« L’âge des Low Tech » de Philippe Bihouix, ingénieur centralien, auteur d’essais sur les questions environnementales et fervent promoteur des low tech.

Les limites du capitalisme

« On en a coupé des arbres et brulé du pétrole pour nous expliquer que l’on allait mieux économiser l’un et mieux protéger les autres. »

Cette phrase de l’auteur résume assez bien l’enjeu des low tech et sa raison d’être.

Dans le premier acte du livre bâti en 4 parties, on comprend les origines et les leviers d’accélération de notre société capitaliste, consommatrice d’énergie et de matières en tout genre mais aussi les limites de certaines promesses comme la croissance verte, les énergies renouvelables ou encore l’économie circulaire.

D’après l’auteur, au mieux, la démarche est louable au pire c’est du green washing ! 

Et dans tous les cas, ce sont de fausses bonnes idées, du moins pas suffisantes…

Pour ne pas foncer dans le mur, il faudra être plus radical.

Changer de paradigme

« Il n’y a pas de produit ou de service plus écologique, économe en ressources, recyclable que celui qu’on n’utilise pas. »

La bonne idée serait donc de faire preuve de courage politique et de changer complètement de paradigme, collectivement, en s’orientant vers une écologie à la demande et en suivant les 7 commandements des low tech qui voici :

  1. Remettre en cause les besoins
  2. Concevoir et produire réellement durable
  3. Orienter le savoir vers l’économie de ressources
  4. Rechercher l’équilibre entre performance et convivialité
  5. Relocaliser sans perdre les bons effets d’échelle
  6. Démachiniser les services
  7. Savoir rester modeste

Alors, finalement, à quoi ressemblerait notre vie dans un monde low tech ?

Les pistes et solutions

Si on résume les pistes et solutions  (proposées de manière bien plus détaillées dans l’ouvrage), voici à quoi ça pourrait ressembler : 

  • On vivrait dans un bourg ou un village dans un habitat collectif réhabilité pour mutualiser au maximum ce qui peut l’être et inverser la tendance à l’urbanisation et à la concentration.
  • On se déplacerait principalement en vélo, ou en covoiturage quand le deux roues n’est pas envisageable en réduisant la fréquence et la distance de nos trajets.
  • On mettrait davantage la main au portefeuille pour manger. Et oui ! on n’a jamais aussi peu dépensé pour nous nourrir mais avec une détérioration de la qualité des produits. Alors pour permettre à nos agriculteurs la mise en place de la polyculture, la rotation des cultures et la diminution de l’usage des intrants, on devra payer nos fruits, légumes et légumineuses au bon prix.
  • On partagerait ou privilégierait la seconde main pour les outils de bricolage, les fringues, les jouets, les meubles etc..
  • On irait se divertir en allant voir des manifestations sportives locales et non les JO qui constituent une « débauche énergétique ».
  • On aurait un meilleur équilibre du temps consacré au travail « externe » versus le travail au foyer basé sur plus de temps libre pour jardiner, faire son dentifrice ou sa confiture.
  • On serait du coup moins stressé et les couples aussi seraient plus durable, ce qui serait également un bien pour notre planète. Et oui, les divorces, le célibat et les familles recomposées constituent un coût écologique, notamment liés à l’augmentation de la surface de logement par foyer

En résumé, il faudrait qu’on fasse tous preuve de « bon sens paysan », qu’on dépasse nos dissonances cognitives et notre peur des effets négatifs sur l’emploi de ces nouveaux modes de vie.

Mais tout ça finalement, on ne le découvre pas. 

« Nous savons tous qu’il faudrait bouger mais le premier qui bouge est perdant. »

Pourtant la promesse est belle : plus de temps libre, plus de proximité, plus de goût et du loooove !

En conclusion, un ouvrage intéressant qui fait un peu peur parfois sur l’état actuel des choses et qui met en exergue qu’une certaine radicalité dans le changement semble indispensable.

C’est l’occasion de te rappeler que Social Declik anime un collectif de freelances engagés qui ont fait le choix d’orienter leur activité professionnelle dans le secteur de l’impact. Si tu souhaites rejoindre notre collectif, tu peux postuler ici

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