Retour sur une collaboration réussie entre un freelance et l’association Pro Bono Lab

Pour le troisième épisode de notre série Freelances For Good, Social Declik a eu le plaisir d’accueillir Laurent et Allan pour un témoignage croisé. 

Laurent, Directeur de l’antenne Méditérannée et de la transformation digitale de Pro Bono Lab devait répondre à une ambition forte : “comment s’outiller au mieux pour accroître notre impact” ?

Allan, product manager freelance et entrepreneur social a toujours eu à coeur de s’impliquer dans des projets solidaires. 

Ensemble, ils ont travaillé à la transformation numérique de Pro Bono Lab, et ensemble ils vont nous raconter comment la collaboration freelance/association peut être un succès !

FFG - Episode #2

Quel était le niveau de maturité digitale de Pro Bono Lab avant de rencontrer Allan ?

Laurent : Au moment où j’ai commencé à prendre en main le sujet digital au sein de Pro Bono Lab, il y avait deux problématiques différentes. A la fois une problématique interne avec une association qui était en croissance tant en terme de nombre de personnes que de répartition territoriale, et un retard qui avait été pris sur les outils crées à l’origine de l’association. Donc il fallait tout remettre à plat pour repartir sur des bonnes bases d’outillages internes et voir comment passer un seuil en terme d’impact pour accompagner davantage d’associations et de volontaires.

Qu'est-ce qui t'a amené à collaborer avec un freelance ?

Laurent : Pour mettre en place cette transformation digitale, j’ai d’abord été accompagné par un des co-fondateur de Pro Bono Lab pour poser la stratégie et l’architecture globale de ce qu’on souhaitait faire. Puis on a décidé d’avoir un vrai budget dédié à la transformation digitale et pouvant nous permettre de  constituer une équipe. On avait déjà des développeurs depuis plusieurs années mais il nous manquait quelqu’un qui allait nous permettre de faire la traduction entre des métiers tech et les permanents en interne (du pôle communication, opérationnel, recherche de partenaire)

Au début, on voulait internaliser cette fonction mais en voyant les profils très juniors qui postulaient au vu de la fourchette salariale proposée, on s’est rendu compte que ça ne collerait pas. Ainsi l’idée de prendre quelqu’un avec plus d’expériences, en externe, mais pas forcement à temps plein s’est posée comme la bonne hypothèse. 

Et toi Allan, avais-tu l'envie de travailler pour une association ?

Allan : Je connaissais bien le milieu associatif et j’étais à l’aise avec les codes. Pour ma part, je fais surtout en fonction du projet. Le milieu associatif n’est pas forcément facile, il y a une forme d’autocensure dans les associations mais j‘ai trouvé que venir en tant que partenaire d’un gros projet comme celui de Pro Bono Lab était très intéressant. Et il faut dire que Laurent m’a contacté deux jours après le premier confinement donc j’avais un peu plus de temps à y consacrer!

Depuis mars, sur quels projets avez-vous travaillé ?

Laurent : Du coup en 4/5 mois, on a refondu l’ensemble du site internet. On a commencé à travailler sur différents produits annexes. A la fois sur la qualification des besoins des associations (notamment via un chatbot en no-code) et avec nos partenaires dans des logiques d’api pour les intégrer dans notre propre système d’information. Nous avons également travaillé sur notre marketplace, le lieu où l’on poste les missions Pro Bono et où l’on gère les volontaires. 

Au delà de tout ça, c’est l’accompagnement que nous avons travaillé avec Allan. L’aspect développement et déploiement est à peu près de 20% du travail, tout le reste c’est de l’accompagnement : cadrage et sensibilisation auprès de l’équipe. Et vraiment, au dela de l’aspect Tech, c’est vraiment l’aspect transformation de la structure et de ses pratiques que l’on a commence à faire et qui est essentiel. 

Et au niveau de la rémunération du freelance, que pensez-vous d'appliquer un tarif solidaire pour les association ?

Allan : Je pense que c’est dangereux parfois. Dans ce projet de transformation digitale, on vient vraiment chercher un partenaire et pas quelqu’un qui vient s’impliquer un peu entre le freelance et le bénévole. On peut se sentir prisonnier d’un TJM (Taux Jour Moyen)  qu’on a posé pour aider mais ensuite on n’arrive pas à s’en sortir. 

Il y a une forme de manque de reconnaissance et quelque chose qui peut biaiser la relation, et ça je pense que c’est vraiment dangereux. De l’autre côté, c’est aussi important quand on est dans l’ESS de ne compter que sur des discounts ou du bénévolat car c’est plus volatile. Le management d’une communauté de bénévole est extrêmement complexe et c’est bien de ne pas brouiller les pistes entre bénévole et freelance. 

Quitte à poser un TJM sur  les jours travaillés et faire un jour par semaine de bénévolat, c’est plus sain comme cela.

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