[Social Koulisses] Le pourboire, un pari fou ?

On le sait, un des plus gros défis de tout entrepreneur c’est de trouver le bon modèle économique. 

Dans cet article, on revient sur les raisons qui nous ont fait choisir un chemin de traverse en matière de modèle économique, un mode de financement assez inattendu et on vous explique pourquoi on pense que c’est la bonne décision et qu’on y croit. 

[MISE À JOUR] Au départ, nous avions choisi le mot de pourboire pour désigner la part libre que nous reverserez les freelances, mais après réfléxion avec notre comité, nous avons décidé d’utiliser le terme de “contribution volontaire“. Pourquoi ? 

Le service, que nous proposons, de mettre en relation des freelances avec des structures de l’ESS représente une valeur pour les deux parties. Le pourboire évoque un surplus de générosité pour nous permettre de “boire” hihi. Dans notre cas, nous apportons un service et nous laissons le choix de la contribution qui sera reversée pour ce service. Ainsi, ce chiffre d’affaires, ne nous permettra pas de “boire” mais de rendre Social Declik viable économiquement. 

Chez Social Declik, on a mis des semaines avant de se décider sur nos sources de revenus. On en a passé des soirées, des dej et des calls matinaux à se demander comment être viable, juste, flexible pour les freelances comme pour les structures à impact. On a changé 112 fois d’avis, et à chaque fois qu’on pensait tenir LA solution parfaite, un vent contraire nous faisait vaciller … Jusqu’au jour où on a dit STOP ! 

On la tente, on prend les paris que ça peut marcher, on se laisse 3 mois pour nous prouver que la confiance en l’autre, ça peut payer ! 

Eclairage sur notre modèle économique

Bonnes élèves, au début de l’aventure, on a commencé par construire notre Business Model Canvas. Et là, BIM ! Premières interrogations !
En tant que structure engagée, à qui devons-nous faire porter le coût de notre service ? Les freelances, les structures à impact, les deux ? Quand on est sur un marché peu développé, à savoir la mise en relation entre les freelances de la tech et les acteurs de l’ESS, quel modèle économique appliquer, de quelle industrie s’inspirer ? 

C’est là qu’on a décidé d’asseoir des convictions fortes :

  1. On dénichera des kadors du code au grand cœur gratuitement pour les acteurs de l’ESS.
  2. On diversifie nos sources de revenus :
    – 20% de nos revenus proviendront des abonnements de nos Declikers
    – 20 à 40% résulteront des missions qu’on trouvera auprès des structures à impact pour nos freelances engagés
    – 40% découleront des programmes de sensibilisation au numérique responsable et au freelancing for good qu’on propose tous les mois.
    – 0 à 20% émaneront de subventions qui nous permettront d’accélérer notre croissance
  3. Et pour les X% provenant des missions pour nos freelances, on tente un truc un peu dingue, la contribution volontaire !

Pourquoi on a choisi la contribution volontaire ?

Alors oui, il y a peut-être une part de nostalgie de nos années estudiantines lors desquelles on servait des pizzas pour mettre du beurre dans les épinards, mais c’est aussi parce qu’on n’a pas trouvé mieux pour être juste !

2 exemples de situations possibles pour vous illustrer le casse-tête :

  • José, 29, se lance dans le freelancing après une belle expérience en agence et souhaite vraiment travailler pour une structure à impact. On lui trouve une mission dans une toute petite asso trop sympa, il applique un TJM très doux pour rendre la collaboration possible.

  • Hélène a 33 ans, elle a roulé sa bosse et s’est construite un beau carnet d’adresse. Elle croule sous les missions dans des structures « classiques » et veut s’engager dans l’ESS. Vu son expérience, on lui déniche une super mission dans une grosse asso, dans laquelle elle peut appliquer un TJM honorable.

Vous aussi ça vous paraît compliqué d’appliquer les mêmes règles pour José et Hélène ? 


On est d’accord, un taux fixe comme les places de marché en ligne ou les montants fixes, ça n’a pas de sens. Alors, comme on s’est lancées dans cette aventure pour en trouver justement, du sens, on est parti sur le prix libre !

Et pourquoi on pense que ça va marcher ?

Alors oui, on en convient, la contribution volontaire ou le prix libre n’est pas super ancré dans notre culture, preuve en est, la réputation de radin des français qui voyagent en dehors de leurs frontières et qui déçoivent les serveurs à l’étranger, il est vrai que même nous, on n’est pas habituées à se lâcher sur ces compensations libres.
On en convient aussi, déjà qu’on évolue dans un monde plus VUCA que jamais, le prix libre ne garantie pas une super visibilité !
MAIS …

  1. On est optimiste dixit notre signature « “Haut les coeurs, restons optimistes, comprenons, agissons, il est encore temps”.
  2. On a confiance, et on est convaincu qu’apporter un modèle juste donnera envie à notre communauté de jouer le jeu pour nous aider à grandir et à apporter toujours plus de valeur à nos parties-prenantes. 

Et toi ? Tu paris que ça peut marcher ?

Cet article a 3 commentaires

  1. Trop chouette de vous lire sur ce sujet que j’affectionne tant (et j’aime l’idée d’appeler cela le pourboire) ! Long vie aux paris fous en tout cas 😉

  2. Francis

    ET alors, quel est le retour?

  3. Charlotte Lischer

    Hello Maxime et Francis,

    Nous découvrons vos commentaires aujourd’hui ! Maxime, merci pour vos encouragements !
    Et après quelques mois de mise en pratique, on peut vous dire que le pari semble réussi. ☺La majorité des freelances qui ont trouvé une mission grâce à Social Declik nous verse une contribution volontaire. On reste donc sur ce modèle pour le moment !

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